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SOLÈNE

Sa devise : « Suis tes rêves »

« Y’a pas de petits ou de grands rêves; que des rêves qui nous allument. Ça prend les rêves pour se « driver ». Avec le temps, ils évoluent, se transforment, mais l’important, c’est de rêver. Un rêve à la fois et tout se place ».

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Celle qui jadis venait de terminer un cours en coiffure était loin de se douter que de garder le fils autiste d’une amie allait la mener à terminer un BAC en psychoéducation et à devenir une véritable touche-à-tout dans son domaine.

« Ce garçon a été le déclic. À l’époque, je savais que je voulais me réorienter, mais je n’avais aucune idée vers quoi. J’ai consulté un orienteur, mais c’est véritablement au contact du garçon de mon amie que ma voie s’est tracée. Il est pour toujours dans mon cœur ».

Allumée par le milieu communautaire, Solène s’est vite rendue compte que le bonheur d’aider les gens et l’accomplissement de se sentir utile était ce qui faisait brûler la flamme en elle. Sa principale clientèle était les parents et enfants. Impliquée à fond dans la vie communautaire, elle dit conserver le souvenir de superbes expériences de son travail acharné et de l’étroit contact avec la clientèle. Véritable passionnée, la psycho-éducatrice allait plus tard ajouter plus de cordes à son arc : l’enseignement et l’écriture.

«Quand j’ai eu mes propres enfants, je croisais des clients un peu partout dans mon quartier et j’avais un certain malaise à les côtoyer avec ma famille dans mon quotidien. De plus, j’étais tellement impliquée dans plusieurs sphères de l’organisme et je savais que je ne pourrais plus autant m’’engager avec ma vie familiale. J’avais une amie enseignante au collégial et j’ai décidé d’y tenter ma chance aussi. J’ai été embauchée en 2004 pour enseigner au département de techniques d’éducation spécialisée. Une nouvelle passion est alors née, celle de transmettre la mienne à des étudiants qui vibraient avec la même intensité que moi pour l’intervention. L’enseignement, c’est le contact avec l’autre, c’est d’aider, d’amener le futur éducateur à progresser et à cheminer, tant professionnellement que personnellement. C’est tout simplement fantastique ».

Loin de se limiter dans ses projets, Solène compte plus de 89 articles parus sur différents sites web et publications, notamment sur Maman pour la vie, Yoopa, Coup de pouce et Naître et grandir. Une autre grande réalisation : l’auteure a lancé pas moins de six ouvrages qu’elle a écrits, parfois en collaboration, en quatre ans et demi.

Quelques uns des ouvrages de Solène
Quelques uns des ouvrages de Solène

« J’ai toujours écrit, mais c’est véritablement durant mon deuxième congé de maternité que je me suis mise plus sérieusement à l’écriture. J’ai d’abord voulu écrire pour mes enfants, alors j’écrivais des allégories qui plus tard, sont devenues les vedettes d’un ouvrage. Une amie auteure m’a dit que ça avait du potentiel alors j’ai envoyé mon projet dans une maison d’édition et le livre a été publié. Depuis, ça ne s’est jamais arrêté ».

Elle a écrit et co-écrit plusieurs guides qui sont tous destinés aux intervenants et aux parents et enfants; sa clientèle de qui elle tient un bagage important d’expériences et de connaissances. Ce sont des ouvrages aucunement moralisateurs ni directifs, mais plutôt des guides légers, vulgarisés et tout à fait adaptables à chaque enfant par ses parents. Toutefois humble dans son succès, Solène précise être une intervenante qui écrit pour aider, mais ne se qualifie pas d’écrivaine proprement dit. Ses livres sont distribués en Europe et un de ses ouvrages est même traduit en espagnol.

Et le temps là-dedans? Où trouve-t-on le temps quand on écrit, quand on enseigne et quand on a une vie de famille bien remplie?

« Mon chum me compare à une pieuvre. J’ai constamment besoin de bouger et d’avoir un projet pour être heureuse. Quand l’angoisse me prend parce que je me sens submergée, je structure mon temps, je me fais des listes puis j’établis des priorités. Je me donne beaucoup au travail, mais l’été est pour moi une période de repos et peu importe la période de l’année, ma famille passera toujours en premier. Il arrive que mes enfants trouvent qu’ils ne me voient pas assez. Ils ont le don de me ramener à l’essentiel et ils me permettent de prendre ça plus molo par moments ».

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Solène avoue que son besoin de reconnaissance est très grand et que c’est ce qui la pousse à se donner autant. Elle mentionne toutefois avoir appris à dire non alors qu’auparavant, elle cherchait à être trop partout et à plaire à tous.

« Je n’ai pas de demi-mesure. Je suis zen ou pas du tout, le piton est soit à on ou off. Je fais souvent de la projection, j’ai de la difficulté à être dans le moment présent, à être capable de m’arrêter. Je dois apprendre à freiner au quotidien ».

Et hop! Un nouveau projet pour Solène.

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www.solenebourque.com

 

SARYKA

Sa devise : « Make this day a masterpiece »

(Fais de ce jour une oeuvre d’art)

“Tout ce que tu fais a de la valeur. À la fin de la journée, il faut s’assurer qu’on a fait tout ce que nous devions faire, qu’on a été au bon endroit au bon moment ».

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Elle est jeune, s’habille à la mode et fréquente les cafés branchés, mais pourtant, Saryka est une fervente pratiquante chrétienne et travaille en counselling pastoral dans une église. Qui l’aurait cru? Et si croire en la parole de Dieu serait encore au goût du jour?

« À chaque dimanche, on ne compte pas moins de 700 personnes à l’Église La Chapelle. Nous devons louer l’auditorium d’une polyvalente pour se réunir ».

On croirait rêver. Alors que les églises catholiques se vident et que l’état cherche à se dissocier de la religion, des gens de tous les âges et de toutes les communautés culturelles fréquentent l’Église qui vient de fêter son premier anniversaire dans le quartier Rosemont.

Et comment peut-on être jeune et pratiquant dans un Québec moderne?

« Ma mère a toujours eu la foi, elle fréquentait l’Église et avait une relation privilégiée avec Dieu, mais elle ne m’a jamais imposée rien de tout ça. Toute mon enfance, je l’ai vue vivre d’importantes difficultés (monoparentalité, retour aux études, etc.). Je l’ai toujours vue se battre, être forte et heureuse par sa foi. Suivre ses pas allait de soi pour moi. Je me suis mise à prier, je sentais la présence de Dieu et son écoute. Il se passait quelque chose et mes prières étaient entendues. Ma relation avec la foi a germée de là ».

Bachelière en psychoéducation, Saryka était loin de se douter qu’un complément d’études (certificat en counselling pastoral) allait lui amener un emploi de rêve.

« Je travaille à l’Église La Chapelle depuis son ouverture il y a un an. Je travaille principalement dans l’administration, mais j’offre également des services de relation d’aide, des soins pastoraux. C’est un magnifique travail inspirant, je suis choyée d’accompagner les gens dans leur parcours ».

Avoir la foi en Dieu, adhérer à la bible… Il y a quelque chose qui me questionne là-dedans. Est-ce que l’on adhère absolument à tout? Est-ce qu’il arrive qu’on doute de notre foi?

« Il m’arrive de douter, c’est certain, en plus, c’est sain et tout à fait normal. À chaque fois que ça arrive, une situation se produit pour me faire comprendre que j’ai raison d’avoir la foi et que Dieu est grand. Le doute, c’est une belle opportunité pour Dieu de se manifester encore plus fort dans notre vie. Lui, il est là, il tend la main et n’attend rien en retour. À toi de décider si tu prends sa main ou pas ».

Depuis plusieurs années, Saryka est impliquée dans des chorales. Depuis un an, elle fait partie du Montreal gospel choir. Elle dit de sa passion pour le chant gospel : « Chanter, c’est prier deux fois »
Depuis plusieurs années, Saryka est impliquée dans des chorales. Depuis un an, elle fait partie du Montreal gospel choir. Elle dit de sa passion pour le chant gospel: « Chanter, c’est prier deux fois »

Quand je pense à la religion, je suis mitigée. D’un côté, on condamne le mal, mais d’un autre, on dit que Dieu pardonne tout. Je suis perdue…

« Le crime, c’est l’orgueil et l’égoïsme à l’état pur. Le mal, c’est ça…c’est l’absence de Dieu dans ta vie. Mais tous les gens, criminels ou non, ont été pardonnés. Dieu a sacrifié son fils pour qu’il porte sur lui nos offenses pour pardonner les pêchés de tous. Si Dieu aime tout le monde et nous a tous pardonné, qui sommes-nous pour juger et condamner? »

Parlons-en du pardon! Qu’est-ce que ça peut concrètement apporter dans notre vie de « pardonner »?

« Le pardon rend les relations plus faciles, tout devient moins lourd. C’est à toi seul que tu fais du mal en ne pardonnant pas. C’est à toi que tu enlèves quelque chose, pas à l’autre ».

Non seulement parce que la bible le dicte, mais Saryka se dit très traditionnelle dans son rapport aux relations amoureuses. Ses valeurs sont rejointes par les écritures à ce niveau.

« Selon moi, le fait d’attendre de se marier pour vivre avec un homme et de consommer notre amour n’a pas été écrit pour rien. On peut décider de voir ça comme quelque chose de restrictif, mais quand on y pense bien, on comprend que d’agir ainsi évite beaucoup de douleurs et de blessures potentielles. On se donne enfin le jour où il y a un véritable engagement des deux parts ».

Il était impossible de terminer cette entrevue sans demander l’opinion d’une chrétienne sur la fameuse charte…

« Ce que je trouve dommage, c’est qu’on semble viser un groupe particulier, sois les musulmans. La charte, c’est la peur de l’autre. Ce n’est pas de l’amour, de l’ouverture ni du respect d’empêcher quelqu’un de s’exprimer, quelle que soit sa forme d’expression ».

www.lachapelle.me

www.montrealgospelchoir.com

Merci au Montreal Gospel Choir d’avoir rendue possible la séance de photo durant l’une de leurs pratiques.