VÉRONIQUE

Sa devise : « Tout est possible jusqu’à preuve du contraire »

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Il y a presque 40 ans, les pronostics n’étaient pas bons pour un bébé qui naissait prématurément à 28 semaines. Tandis que Véronique passait les trois premiers mois de sa vie dans un incubateur, sa mère se remettait de l’accouchement très difficile durant lequel elle a elle-même failli y laisser sa peau. En plus de devoir s’occuper de sa propre santé, sa mère a appris que sa fille n’allait probablement jamais parler ni marcher et vivre dans un état végétatif. Véronique était atteinte de paralysie cérébrale.

La maman de Véronique, également mère de deux ados, a vécu le pire des cauchemars.

 « Mes parents ont été forts, ils ont décidé que personne ne m’imposerait de limites. Ils ont su m’offrir beaucoup de stimulations dès mon plus jeune âge. À un certain moment, ils se sont aperçu que j’avais tout d’un bébé normal outre que je ne marchais pas ».

S’en est suivi plusieurs opérations à l’hôpital Ste-Justine, plusieurs traitements de physiothérapie, d’ergothérapie et aussi d’orthophonie.  À six ans, la petite Véronique commençait à marcher.

« J’ai des souvenirs heureux de mon enfance. On ne m’a jamais fait sentir différente des autres. Au primaire, j’allais dans une école spécialisée et les autres enfants vivaient avec des défis importants tout comme moi. Dans ma tête, c’était ça être enfant, je ne connaissais rien d’autre. C’est lorsqu’on est confronté au monde extérieur qu’on comprend finalement qu’on  n’est pas comme les autres ».

Si l’enfance de Véronique a été douce jusqu’à la fin du primaire, son arrivée dans une polyvalente ne marque pas le début d’une période facile. Elle doit reprendre un rythme académique normal  comme tous les autres jeunes ne vivant pas de défis particuliers. C’est également une période où d’importantes douleurs physiques liées à la marche apparaissent.

«Je ne me suis jamais sentie victime, on ne m’a pas intimidée. Pour ma part, je me sentais porteuse d’une mission : celle de sensibiliser les autres ».

Vivant d’importantes difficultés scolaires, La jeune Véronique de 16 ans décide de laisser l’école en troisième secondaire.

« C’est la meilleure chose qui me soit arrivée. J’ai pu m’impliquer dans d’autres activités, faire du bénévolat et je me suis promis que j’allais revenir à l’école le jour où j’allais avoir un plan, savoir ce que j’allais vouloir faire. J’ai eu besoin de me chercher et éventuellement, je me suis trouvée. Je savais que je voulais aider les gens ».

À 19 ans, Véronique retourne sur les bancs d’école afin de terminer son cours secondaire. Durant plusieurs années, elle travaille d’arrache-pied pour obtenir son diplôme tout en traversant des hauts et des bas sur le plan de la santé.

C’est une Véronique victorieuse et motivée comme jamais qui est admise, à 28 ans, au CEGEP en techniques d’éducation spécialisée.

« J’ai tellement bûché pour être là. Je suis arrivée dans cette technique tellement déterminée, j’ai pété des scores comme jamais dans ma vie ».

Armée de son diplôme d’études collégiales, un nouveau défi attend Véronique à la fin de sa formation : elle doit convaincre un employeur que malgré ses limites, elle peut être une aussi bonne candidate qu’un autre.

« Je ne me suis jamais mis de bâton dans les roues. J’ai réussi à me battre contre la fatigue, réussi à tout planifier et organiser pour pouvoir me rendre au Cégep, à mes cours, remettre mes travaux à temps, être une bonne stagiaire… j’ai toujours cru que je pouvais être ce que je voulais. Les autres me mettaient des barrières, mais pas moi. Je devais lutter contre ça. J’apportais avec moi dans ma nouvelle carrière tout mon bagage personnel. C’était considérable ».

Son premier emploi, Véronique le trouve chez Viomax, un organisme à but non-lucratif partenaire du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau. Le centre  offre une programmation d’activités physiques pour les personnes atteintes d’une limitation fonctionnelle. Cet emploi, Véronique le décroche à contrat pour un été. Sept ans plus tard, elle est maintenant la directrice générale de Viomax.

En plus de réussir sa vie professionnelle haut la main, Véronique est en couple depuis 15 ans avec l’homme de sa vie.

« C’est lui qui m’a abordé, ça a été un coup de foudre. Il ne voit pas de différence chez moi, il m’aime comme je suis. C’est un gars très calme, zen, il ne voit jamais le côté négatif. Il n’a jamais eu peur de fonder une famille avec moi ».

Parlons-en de la famille. Lorsque nos déplacements doivent se prévoir des heures voire des jours à l’avance et que nous devons nous mouvoir avec des aides à la marche, il peut sembler quasi-utopique de pouvoir avoir un enfant.

« J’ai toujours voulu avoir des enfants, mais je ne savais pas si ça allait être possible. J’ai toujours eu des rêves dans la vie, celui d’avoir une carrière en était un, mais celui d’avoir un enfant était le summum. Si je réussissais à atteindre ça, j’allais avoir eu le top de ce que j’avais toujours rêvé. Rien n’allait pouvoir être plus grand, plus beau pour moi ».

À l’été 2010, son rêve devient réalité : elle apprend qu’elle est enceinte.

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« Ça a été la plus belle période de ma vie. Je sentais que je vivais quelque chose de grand, j’étais privilégiée. Pour la première fois de ma vie, durant ma grossesse, je n’avais aucune douleur et j’ai pu marcher tout le long, jusqu’à la fin, avec mes béquilles, sans fauteuil roulant. Je me suis permis de vivre ça totalement, mon rêve ultime se réalisait. ».

À l’hiver 2011, son fils venait au monde; un enfant en parfaite santé. Heureuse comme jamais, Véronique se voit toutefois confrontée à plusieurs limites.

« À l’hôpital, mon bébé pleurait dans son petit lit. Comme je ne peux pas le prendre et marcher sans aide, j’ai dû appeler l’infirmière afin qu’elle vienne le prendre et me le porter. Elle m’a fait attendre 20 minutes. C’était cruel de voir mon enfant pleurer durant tout ce temps-là. C’est là que j’ai compris que plusieurs nouveaux défis m’attendaient ».

Le retour à la maison n’est pas évident pour Véronique, elle doit s’adapter à ses limites et sa nouvelle réalité de maman.

Véronique et son fils, le beau William
Véronique et son fils, le beau William

« Je ne suis pas d’accord avec ceux qui me dise que je suis courageuse. Je ne me vois pas comme ça. Je n’ai pas choisi mon épreuve, je dois faire avec, mais j’ai le droit de vivre une vie qui me plait aussi. J’ai le choix de comment je le vis et je le perçois ».

Le retour au travail est plutôt difficile; près de l’épuisement, Véronique doit aussi faire un deuil particulier : celui d’avoir atteint son rêve ultime.

« Aussi bizarre que ça puisse paraître, il y a quelque chose de troublant dans le fait de réaliser son plus grand rêve, il y a l’après. Quand tu atteins le plus haut sommet que tu t’étais fixé, tu arrives à un point où tu te dis : Bon ok…je fais quoi là maintenant? L’humain est animé par ses rêves. Quand il n’y en a plus, on ressent un vide ».

À chaque année, Véronique est approchée par le Cégep du Vieux-Montréal, où elle a fait ses études, afin de donner des conférences aux futurs éducateurs spécialisés. Le partage de son vécu est incroyablement inspirant.

« J’adore ces conférences parce que je sens que ça touche les gens. On me pose beaucoup de questions et tant mieux si j’inspire ces futurs collègues. Je suis toujours animée par le défi d’apprendre quelque chose aux gens, d’ouvrir leur yeux et de les sensibiliser à la cause de ceux qui vivent avec un handicap ».

Véronique dit s’être toujours sentie porteuse de la mission de sensibiliser les gens?

Mission accomplie!

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Photos : Remerciements à Kim Côté, photographe, pour son aimable permission d’utiliser ses photographies.

Centre Viomax : www.viomax.org

2275, rue Laurier E.

Mission : Rendre l’activité physique accessible aux gens vivant avec une limitation fonctionnelle.

MÉLISSA ET JÉRÉMIE

Elle, sa devise : « Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours »

Lui, sa devise : « Hasta la victoria siempre » (Jusqu’à la victoire, toujours)

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En 2014, Mélissa et Jérémie célèbrent respectivement leur 30ième anniversaire de naissance, mais aussi, le 15ième anniversaire de leur couple. Génération « utiliser/jeter » qu’ils disent?

Ils sont unanimes : pour qu’un couple fonctionne aussi longtemps, il faut une capacité de communiquer à toute épreuve, beaucoup de patience, être prêt à faire des efforts, à s’améliorer et aussi être prêt à faire des concessions.

Qu’on se détrompe. Si pour plusieurs être en couple durant de nombreuses années rime avec ennui ou habitude, ces deux-là sont à l’exception ultime à la règle.

« Mes amis sont les siens et vice versa. Dans la majorité de nos activités sociales, on se suit, on est ensemble ».

Et la question qui tue : Vous ne vous fatiguez pas l’un de l’autre parfois?

« Oui, ça arrive qu’on se tape sur les nerfs et qu’on se chicane. Mais on communique, on s’explique. Aucun de nous n’est rancunier et notre dialogue porte toujours sur la recherche de solutions. Il n’y a pas d’enfantillages, de « caca-boudin »… Puis, quand un tourbillon affecte le couple, on s’offre un temps de pause, un break de routine : une sortie, un week end en chalet, on réaménage l’appart, etc. ».

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Mélissa et Jérémie en vacances

Ce qui nous fascine tous le plus, c’est comment un couple qui dure aussi longtemps fait pour conserver la flamme, le désir? À 30 ans, c’est encore l’âge des tentations, l’âge de la séduction…

« Il n’y a pas une seule journée en 15 ans où nous nous sommes pas dit « Je t’aime ». Aussi, on se fait des soirées spéciales, au moins une fois aux deux semaines. On lâche le tourbillon de la vie, on se met beau, on se fait un bon souper et on s’organise une belle soirée. On a aussi un calepin de mots d’amour dans lequel on s’écrit mutuellement des messages. On travaille beaucoup notre créativité, on trouve des jeux et on change la routine. Par exemple, on peut se dire un jour : Ok, cette semaine, on doit nommer dix qualités de l’autre. On rit beaucoup ensemble, on niaise puis on n’a aucun filtre. Je pense aussi qu’il est très important de pimenter sa sexualité, il ne faut pas avoir peur d’oser ».

Jérémie ajoute un point intéressant :

« Il ne faut pas être fermé aux changements de vie que l’autre t’amène par ses projets. Quand Mélissa a voulu qu’on vienne s’installer près de la campagne, moi j’avais ma carrière à Montréal. Sur le coup, j’ai accepté de déménager, mais je n’étais pas super heureux de ça.  Puis finalement aujourd’hui, j’ai un super bon emploi tout près de chez moi, de bons collègues, j’ai développé de nouvelles amitiés et j’en suis bien heureux. Si j’avais été fermé à son projet, je n’aurais pas vécu tout  ça ».

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Comme dans la plupart des couples, Mélissa se décrit comme la fille de cœur qui amène les émotions dans le couple alors que Jérémie, c’est le gars de tête qui amène la raison. Les contraires s’attirent, alors?

« Oui, on a des personnalités assez différentes, mais on est à la fois pareils sur plein de points. »

Et qu’est-ce qui fait qu’on n’est pas tenté d’aller explorer ailleurs?

« On a évolué et grandi ensemble. On a bâti quelque chose. On n’a pas envie de perdre ce qu’on a et rien d’autre ne vaut ça. On est chanceux. Puis justement, comme on n’a rien connu d’autre alors on n’a pas cette perception parfois négative de l’amour. Aucun gars ne m’a jamais niaisée et aucune fille ne lui a brisé le cœur. On n’a aucune mauvaise expérience à ce niveau, c’est alors plus facile de croire réellement à l’amour et à sa durée ».

Une des premières photos du couple.

Mélissa ajoute : « Déjà jeune, je comprenais qu’un couple ça se travaille. Les valeurs, les buts et les idéaux, il faut que ça se rejoigne. Le reste, c’est de la « décoration » qui se travaille. Les failles, tu les acceptes puis tu vis avec ».

Peu de mots arrivent à bien définir ce qu’est l’amour. Cette définition est très large et propre à chaque personne. Il y a autant de couple que de façon d’être, de vivre et de savourer l’amour. Pour Mélissa et Jérémie, c’est simple, mais ça dit tout :

« L’amour c’est grandir. L’amour c’est ce qui fait tout tenir ensemble dans la vie ».

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Crédits photos: Album personnel de Mélissa et Jérémie et photo par Annie Murphy

SOLÈNE

Sa devise : « Suis tes rêves »

« Y’a pas de petits ou de grands rêves; que des rêves qui nous allument. Ça prend les rêves pour se « driver ». Avec le temps, ils évoluent, se transforment, mais l’important, c’est de rêver. Un rêve à la fois et tout se place ».

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Celle qui jadis venait de terminer un cours en coiffure était loin de se douter que de garder le fils autiste d’une amie allait la mener à terminer un BAC en psychoéducation et à devenir une véritable touche-à-tout dans son domaine.

« Ce garçon a été le déclic. À l’époque, je savais que je voulais me réorienter, mais je n’avais aucune idée vers quoi. J’ai consulté un orienteur, mais c’est véritablement au contact du garçon de mon amie que ma voie s’est tracée. Il est pour toujours dans mon cœur ».

Allumée par le milieu communautaire, Solène s’est vite rendue compte que le bonheur d’aider les gens et l’accomplissement de se sentir utile était ce qui faisait brûler la flamme en elle. Sa principale clientèle était les parents et enfants. Impliquée à fond dans la vie communautaire, elle dit conserver le souvenir de superbes expériences de son travail acharné et de l’étroit contact avec la clientèle. Véritable passionnée, la psycho-éducatrice allait plus tard ajouter plus de cordes à son arc : l’enseignement et l’écriture.

«Quand j’ai eu mes propres enfants, je croisais des clients un peu partout dans mon quartier et j’avais un certain malaise à les côtoyer avec ma famille dans mon quotidien. De plus, j’étais tellement impliquée dans plusieurs sphères de l’organisme et je savais que je ne pourrais plus autant m’’engager avec ma vie familiale. J’avais une amie enseignante au collégial et j’ai décidé d’y tenter ma chance aussi. J’ai été embauchée en 2004 pour enseigner au département de techniques d’éducation spécialisée. Une nouvelle passion est alors née, celle de transmettre la mienne à des étudiants qui vibraient avec la même intensité que moi pour l’intervention. L’enseignement, c’est le contact avec l’autre, c’est d’aider, d’amener le futur éducateur à progresser et à cheminer, tant professionnellement que personnellement. C’est tout simplement fantastique ».

Loin de se limiter dans ses projets, Solène compte plus de 89 articles parus sur différents sites web et publications, notamment sur Maman pour la vie, Yoopa, Coup de pouce et Naître et grandir. Une autre grande réalisation : l’auteure a lancé pas moins de six ouvrages qu’elle a écrits, parfois en collaboration, en quatre ans et demi.

Quelques uns des ouvrages de Solène
Quelques uns des ouvrages de Solène

« J’ai toujours écrit, mais c’est véritablement durant mon deuxième congé de maternité que je me suis mise plus sérieusement à l’écriture. J’ai d’abord voulu écrire pour mes enfants, alors j’écrivais des allégories qui plus tard, sont devenues les vedettes d’un ouvrage. Une amie auteure m’a dit que ça avait du potentiel alors j’ai envoyé mon projet dans une maison d’édition et le livre a été publié. Depuis, ça ne s’est jamais arrêté ».

Elle a écrit et co-écrit plusieurs guides qui sont tous destinés aux intervenants et aux parents et enfants; sa clientèle de qui elle tient un bagage important d’expériences et de connaissances. Ce sont des ouvrages aucunement moralisateurs ni directifs, mais plutôt des guides légers, vulgarisés et tout à fait adaptables à chaque enfant par ses parents. Toutefois humble dans son succès, Solène précise être une intervenante qui écrit pour aider, mais ne se qualifie pas d’écrivaine proprement dit. Ses livres sont distribués en Europe et un de ses ouvrages est même traduit en espagnol.

Et le temps là-dedans? Où trouve-t-on le temps quand on écrit, quand on enseigne et quand on a une vie de famille bien remplie?

« Mon chum me compare à une pieuvre. J’ai constamment besoin de bouger et d’avoir un projet pour être heureuse. Quand l’angoisse me prend parce que je me sens submergée, je structure mon temps, je me fais des listes puis j’établis des priorités. Je me donne beaucoup au travail, mais l’été est pour moi une période de repos et peu importe la période de l’année, ma famille passera toujours en premier. Il arrive que mes enfants trouvent qu’ils ne me voient pas assez. Ils ont le don de me ramener à l’essentiel et ils me permettent de prendre ça plus molo par moments ».

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Solène avoue que son besoin de reconnaissance est très grand et que c’est ce qui la pousse à se donner autant. Elle mentionne toutefois avoir appris à dire non alors qu’auparavant, elle cherchait à être trop partout et à plaire à tous.

« Je n’ai pas de demi-mesure. Je suis zen ou pas du tout, le piton est soit à on ou off. Je fais souvent de la projection, j’ai de la difficulté à être dans le moment présent, à être capable de m’arrêter. Je dois apprendre à freiner au quotidien ».

Et hop! Un nouveau projet pour Solène.

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www.solenebourque.com

 

ANDRÉA

Sa devise : « Il y a deux sortes de temps : le temps qui attend, le temps qui espère »      – Jacques Brel

 «Moi j’attends, je n’espère pas. Je sais que ça va arriver parce que je mets tout en place pour voir les choses arriver. Espérer, c’est ne pas mettre les choses en place ».

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Andréa, c’est la fille charismatique au sourire de feu. Celle qui aime tout le monde, qui aime rire et faire rire. Passionnée de voyage, cette grande colorée se décrit comme une tatouée/percée qui aimerait pourtant passer plus incognito.

« J’ai plein de tatouages, le septum percé pis des fois je m’inquiète de voir les gens m’observer. Je suis comme : Voyons, qu’est-ce qui se passe? Pis soudainement, je me rappelle que je  flash un peu! ».

Andréa est l’une des ces personnes qui ne dit pas: « J’aimerais, ce serait l’fun, je capoterais tellement… » Andréa parle au présent: « Je veux, je vais, je suis… ». Pas de conditionnel, elle fonce et elle se lance.

Pas étonnant que son cercle d’amis soit composé de gens plus âgés qu’elle; à 25 ans, Andréa a la sagesse de celle qui a beaucoup vécu. Elle cultive un amour pour autrui qui pourrait inspirer tous les coeurs prêts à mordre d’aimer à outrance.

Née d’un père mexicain et d’une mère québécoise, l’histoire des parents d’Andréa semble toute droite sortie d’un film hollywoodien.

« Ma mère était en voyage au Mexique quand elle a rencontré mon père, alors employé de l’hôtel où elle séjournait. Elle parlait seulement français et lui, anglais et espagnol, mais ça ne les a pas empêché de tomber amoureux. À son retour au Québec, ma mère et lui ont continué de correspondre par la poste pendant un an. Ensuite, ma mère a décidé de tout lâcher ici pour partir vivre avec lui à Puerto Vallarta. Après quelques années, ma mère a découvert qu’elle était enceinte de moi et ils sont venus vivre ici, au Québec ».

Ses premiers contacts avec les voyages se sont produits il y a plusieurs années alors que la petite Andréa allait rendre visite à la famille paternelle au Mexique.

« En étant née de deux parents de cultures opposées, j’ai eu une double éducation.  Ça m’a apporté une ouverture sur le monde, une curiosité. »

Son envie de voyage, Andréa croit que c’est dans ses gênes.  Alors encore résidents du Mexique, ses parents partaient en voyage sur la route. Ils avaient, plus jeunes, un côté plus aventurier qui rejoint Andréa.

Ses périples à elle ont véritablement commencés il y a trois ans, suite à la mort de son père.

« Je suis partie toute seule au Mexique porter les cendres de mon père. Suite à ça, avant de rentrer chez moi, je suis partie faire le tour de l’Europe ».

À 21 ans, seule en Europe, Andréa avoue ne jamais avoir eu peur. D’ailleurs, c’est toujours seule qu’elle préfère voyager.

« Pour moi, voyager c’est prendre un peu de recul. Ça me donne une pause de vie. Je voyage souvent quand je suis anxieuse. Je n’ai pas envie d’être accompagnée quand j’ai besoin d’aller faire le vide ».

En avril dernier, suite à un moment difficile, elle est partie sur un coup de tête pour Bali. Elle a réservé son billet le jeudi puis le lundi suivant, elle s’envolait pour le plus long vol de sa vie.

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Son voyage de rêve, elle l’a fait l’an dernier. Elle est allée visiter la Russie. Elle veut d’ailleurs y retourner pour parcourir le pays à bord du Transsibérien. Elle rêve également du Japon, de Madagascar, de la Chine…

Et l’amour Andréa? Si l’amour pour toi se trouve sous d’autres cieux, comme pour ta mère?

« Je n’hésiterais pas à déménager dans un autre pays si jamais j’y rencontrerais l’amour. Ma mère l’a  fait et je suis là bien vivante aujourd’hui! »

MARIE-SOLEIL (Marie Jet Set)

Sa devise : La vie est trop courte pour ne pas prendre le temps de rire

Crédit photo: Junior Girardeau
Crédit photo: Junior Girardeau

Marie-Soleil est la preuve vivante qu’une passion peut mener loin. Celle qui était une spectatrice de soirées d’humour de la relève il y a quelques années est devenue Marie Jet Set, l’amie des humoristes.

« Pour moi, c’était tout naturel d’aller voir les artistes après un spectacle pour les remercier de la belle soirée qu’ils m’avaient fait passer. Au fil du temps, ça a cliqué avec certains et on a créé des liens ».

En 2009, Marie-Soleil a lancé un blogue d’humeur. Plutôt à saveur personnelle, il comportait parfois des articles et photos sur les spectacles d’humour auxquels elle assistait.

Tout a réellement commencé en juin 2010. Le public était alors invité à assister au lancement de la programmation de l’édition du Zoofest, le festival d’humour de la relève. En arrivant là-bas, Marie-Soleil, déjà amie avec quelques gens du milieu, croise l’humoriste Martin Perrizzolo qui lui suggère de couvrir le festival sur son blogue. Alors qu’elle se montre incertaine, Martin lui colle son étiquette « artiste » sur elle et la fait entrer à l’intérieur de la salle.

« J’arrive là et on me prend en photo sur le tapis rouge! On m’approche aussi pour que je donne des infos sur les humoristes à des blogueurs qui veulent couvrir le festival. C’est là que je me suis dit : pourquoi est-ce que je ne le ferais pas? Cette semaine-là, je suis dans un 5 à 7 et je croise Michelle Blanc avec qui je discute du projet. À la fin de notre rencontre, je me suis retrouvée avec une passe média pour couvrir le festival ».

Cet été-là, son blogue change de nom pour « Les coulisses du rire ».

« La première entrevue que j’ai réalisée pour ce blogue était avant le Zoofest. J’ai réussi à me faufiler en coulisses durant le festival Juste pour rire parce que je voulais faire une entrevue avec Jean-François Mercier et Louis Morissette qui venaient de faire un numéro ensemble. Hors scène, j’ai croisé Véronique Cloutier qui m’a reconnue à cause de j’avais participé à Paquet Voleur quelques temps avant. Je lui ai parlé de mon projet d’entrevue avec des humoristes et de mon blogue. Elle a été demander à Louis et Jean-François de m’accorder du temps. »

L’année suivante, le Zoofest a approché Marie-Soleil afin qu’elle fasse partie du jury média. Cette année-là a été marquante pour Marie Jet Set; elle n’avait plus envie de retourner à son emploi régulier.

« Je n’aimais pas ma job et je venais de vivre un festival de rêve qui m’a prouvé que si on fonçait, de belles opportunités pouvaient nous arriver. C’est là que mon chum m’a dit : Lâche la job, ça va bien aller, on va être correct ».

À partir de là, tout a déboulé.

Marie-Soleil a été approchée par Radio Centre-ville pour être recherchiste pour une émission sur le thème de l’humour. Quelques temps plus tard, elle en est devenue l’animatrice et le nom de l’émission a changé pour Les coulisses du rire, comme son blogue. À chaque semaine durant deux ans, elle a reçu des humoristes de la scène émergente et d’autres plus connus.

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Ensuite, elle a été invitée par le Grand Rire de Québec comme invitée VIP et approchée par le Festival de l’humour de l’Abitibi où elle a fait partie du jury. Elle a aussi travaillé pour En route vers mon premier gala et pour des émissions de télévision, notamment Un gars le soir et Fidèles au poste. Pas mal pour une fille qui a fait un BAC en urbanisme, mais qui n’a aucune formation en communications. Marie-Soleil est une autodidacte qui s’est créée ses chances et ses opportunités par sa détermination.

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Marie-Soleil et ses amis les humoristes (de haut en bas de gauche à droite): Gad Elmaleh, Pierre Hébert, Sugar Sammy, Louis T, Mariana Mazza, Guillaume Wagner, Jean Dujardin, Virginie Fortin, Phil Roy, Rabii Rammal et Mike Ward.

« J’ai beaucoup de passions dans la vie, je me laisse guider par elles. Et elles changent aussi avec le temps. Avant, je me voyais uniquement comme une fille de carrière et maintenant, mon grand rêve est de devenir une maman à la maison. J’ai hâte d’avoir une famille».

Si ses passions ne l’ont pas encore amenée à gagner sa vie uniquement par elles, Marie-Soleil a toutefois un rapport sain avec  l’argent.

« Mes passions n’ont jamais eu comme objectifs de m’enrichir. La vie, c’est pas uniquement se payer des choses! »

On prend des notes!

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Les Coulisses du rire: http://mariejetset.wordpress.com/

Crédit photo : Junior Girardeau et archives personnelles de Marie-Soleil.

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