Open Mind, la magie d’ouvrir son esprit.

Je ne serai pas tant du genre à parler de mes activités et sorties sur ce blogue parce que ce n’est pas le but de Portraits, mais je ne peux passer sous silence l’expérience puissante que j’ai vécu au Festival Open Mind le weekend dernier.

D’abord, une bonne amie à moi m’avait parlé de ce festival que je ne connaissais aucunement et elle m’avait confirmée sa présence. Une fin de semaine de camping sur un site rempli d’activités, d’ateliers et de spectacles de toutes sortes; un heureux mélange entre un gros party et du ressourcement profond. Je sais, ça semble paradoxal.

J’étais intriguée, l’intérêt d’y aller était là, mais je savais que j’allais sortir grandement de ma zone de confort si j’y allais: camper seule, me nourrir de fruits et de noix pendant 4 jours, trouver du covoiturage auprès d’inconnus via les réseaux sociaux, avoir accès à une bécosse comme unique moyen d’hygiène et j’en passe. De plus, l’énergie n’étant pas trop revenue de mon côté, souffrant encore un peu de certains malaises dû à l’adaptation à ma médication, j’hésitais vraiment. Mais c’est comme si quelque chose de fort m’appelait à y participer, comme si quelque chose me disait que ça ferait partie d’un processus de guérison.

Un peu sur un coup de tête et rassurée par la présence de mon amie même si je savais bien qu’on ne passerait pas tout le week end ensemble ayant des intérêts d’activités différents, j’ai acheté un billet.

Vendredi matin, c’est avec un pack sac d’au moins 75 livres que je me suis rendue chez une inconnue pour faire la route avec d’autres inconnus…une route d’une durée de 2h30.

Arrivée sur le site, je n’avais aucun réseau cellulaire; aucun moyen de rejoindre mon amie, ni personne. Je suis entrée au festival et j’ai eu l’impression d’être téléportée à Woodstock en 69. Des hippies partout, l’odeur de sauge et de patchouli, de la musique psychédélique, des gens qui dansent nus à côté de kiosques de vente de Didgeridoo. J’étais définitivement ailleurs.

J’ai décidé de partir quand même seule à la recherche d’un campement. J’en ai trouvé un après je ne sais plus combien de minutes de marche, dans un trou de boue dans le fin fond des bois. J’ai monté ma tente.

Je suis ensuite partie me promener sur le site, voir ce qu’il y avait à voir. En temps normal, j’aurais été en train d’hyperventiler, sur le bord de l’attaque de panique parce que de un: j’étais seule dans un festival à 3h de route de chez moi et de deux: la charmante demoiselle qui m’a conduite de Montréal ne m’a donné aucun détail sur les arrangements du retour pour le lundi. Je ne savais ni où, ni quand la rejoindre. Pour une raison que j’ignore, j’étais totalement en paix. Un laisser aller exaltant de confiance en la vie en sachant pertinemment que peu importe ce qui arriverait, je trouverai moyen de m’amuser et de rentrer chez moi.

1896859_812277775500863_6088777986273306715_nJ’ai croisé un kiosque de henné: Wow! Moi qui avait toujours voulu m’en faire faire, c’était l’occasion. Assise au soleil dans une tente zen, je me suis laissée colorer le pied par une sympathique artiste anglophone avec qui j’ai rapidement créé un lien fort. Je regardais les gens circuler, tous me souriaient. j’ai cru rêver, comme c’était bon ce feeling là.

J’ai décidé ensuite d’aller me promener, d’aller voir les spectacles, la rivière, les tentes de méditations et  les ateliers. J’ai discuté et salué quelques personnes comme si on s’était toujours connu. Je n’ai pas les mots pour décrire exactement le sentiment que je ressentais à ce moment là, mais j’étais exactement là où je le devais. C’était pur, parfait, sans aucune crainte, dans la liberté totale.

Quand j’ai finalement croisée mon amie quelques heures plus tard, je n’étais même pas déçue d’apprendre qu’elle avait installée son campement à plus de 15 minutes de marche du mien. « Ah ben coudonc, on se croisera quand ça adonnera » qu’on s’est dit. Pour la première fois de ma vie, je le pensais pour vrai. Je n’avais aucune crainte à l’idée de profiter seule de ces quatre jours de festival.

Tous ceux que j’ai croisé me saluaient et je faisais de même. En début de soirée, j’ai participé à une cérémonie lors de laquelle je suis sortie comme jamais de ma zone de confort. J’ose dire que c’était une des expériences les plus déterminantes de ma vie:

Au début, les festivaliers devaient circuler dans un rond et saluer d’une poignée de main tous ceux qu’ils croisaient: ok. Ensuite, même chose, mais avec une variante: on ajoutait un câlin. Ouf. Après, on devait circuler et poser notre main sur le coeur de la personne qu’on croisait et elle devait faire de même tout en se regardant dans les yeux le temps de quelques respirations (« tu es moi, je suis toi, nous sommes la même personne » que disait l’animatrice en même temps.). Finalement, à la fin, on a du faire un couloir, deux par deux, un en face de l’autre et des gens passaient dans ce couloir. On devait lever les bras au ciel et les descendre sur eux dans un geste d’amour et de protection tout en fixant leurs regards quand ils passaient devant nous. Il faut définitivement vivre l’expérience pour comprendre toute la charge émotive; les mots ne suffisent pas pour l’exprimer. « Je t’accepte tel que tu es, je t’aime tel que tu es, peu importe. Je te transmets mon énergie d’amour et de paix de mes mains et de mon regard ». À la fin de la cérémonie, tout le monde était en larmes, touché par un si grand sentiment d’amour et d’acceptation. Tous les gens se sont serrés dans leurs bras, sans aucun malaise, on est tous devenus des amis en l’espace de quelques minutes d’existence pure. Je n’étais plus seule au festival dorénavant, j’étais avec mes 2000 autres amis.

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Cette cérémonie a définitivement marquée ma vie au point où j’en suis. Ce délicieux sentiment d’être aimé et accepté tel qu’on l’est. Mon amie a ajouté: « C’est comme si on s’était dit, je t’aime, non pas parce que je te connais, mais simplement parce que tu existes. » . Moi et quelques autres festivaliers, on a dit qu’elle nous avait sauvé d’au moins un an de thérapie! 😉

Ensuite, je me suis mise à danser comme s’il n’y avait pas de lendemain, nue pieds dans la boue quand un Dj a amorcé son set. En soirée, je suis allée m’asseoir autour d’un feu où plusieurs festivaliers jouaient des instruments après la fin des spectacles.

Sur le site, j’ai été transportée par la forêt enchantée, les lumières, les rencontres, la musique, par la vibe d’amour et de paix qui régnait partout. L’esprit de communauté, de partage…J’ai rencontré des gens qui m’ont invité à partager un repas avec eux.

J’ai dormi comme un bébé, seule dans ma tente dans le fond des bois (j’aimerais juste préciser qu’il y a encore un an, je dormais avec une lumière parce que j’avais peur du noir).

Tout le week end s’est déroulé comme ça. De purs inconnus rencontrés au détour d’un sentier qui te jasent. En cinq minutes, tu as avec eux une conversation profonde comme tu n’as jamais eu avec plusieurs personnes dans ton entourage. À la fin, on se sourit, on se prend dans nos bras, on se souhaite du bonheur et on continue notre chemin. Pas d’histoires de: « C’est quoi ton nom, je vais t’ajouter sur Facebook », non. On s’est parlé, on s’est rencontré, c’est à la vie maintenant de décider si ce moment sera notre unique ensemble ou pas.

Lundi matin, toujours sans nouvelle pour mon covoiturage. J’ai été m’asseoir à la rivière avec un café. J’ai apprécié le soleil, l’odeur de la campagne et de la sauge blanche qui brûlait partout, le son des tamtams, les rires des enfants qui couraient nus dans l’eau… J’ai fait quelques salutations au soleil (yoga) et j’ai entamé des discussions avec d’autres personnes rencontrées sur le hasard du chemin. J’ai été éblouie et émue par la vue d’une jeune femme enceinte, seins nus, qui méditait tout près de l’eau. J’ai compris que la nudité n’a rien à voir avec la sexualité. C’est con, mais ça m’a pris 33 ans pour réellement comprendre ça.

Alors que je discutais avec un gentil monsieur aux expériences de vie incroyables, la demoiselle qui m’avait conduite au festival est passée par là.

« C’est bon si on se rencontre à l’entrée à 13h pour le départ? »

Je savais que tout s’arrangerait.

La morale de tout ce récit: FAIRE CONFIANCE ET LÂCHER PRISE!

Croyez-moi, je suis la fille la plus timide et la moins à l’aise dans un groupe. J’ai peur de tout; du jugement, de me perdre, de me planter, d’être seule, d’être rejetée…J’ai peur qu’il m’arrive quelque chose de grave, je crains toujours de faire des attaques de paniques (Hello trouble de l’anxiété généralisée!), J’AI PEUR DE TOUT. Si moi je suis arrivée à faire de cette expérience quelque chose de magique, de transformateur et libérateur en gérant mon anxiété, en relativisant, en lâchant prise et en m’ouvrant aux gens et à l’expérience, VOUS LE POUVEZ AUSSI. C’est surtout ça que je veux que vous reteniez de tout ce texte.

18ccaf3c5c0032b2cc2880b67b70b48aDépasser les limites de notre zone de confort est le plus beau cadeau qu’on puisse offrir à l’estime de soi, à notre santé mentale et à notre bonheur. C’est au travers les expériences qu’on essaie de ne pas contrôler qu’on se sent vivant. On sait que tout finira par s’arranger de toute façon. No matter what, comme ils disent.

Sur le chemin du retour, on a croisé un festivalier qui se tenait devant le stationnement avec une affiche sur laquelle était écrite « MONTRÉAL ». Ma conductrice l’a embarqué. C’était un sympathique jeune homme inspirant, qui a voyagé partout sur le pouce, qui est ouvert à tout, cultivé, drôle et qui nous a raconté plein d’histoires tout au long du trajet. J’étais fasciné par tout ce qu’il racontait et je me disais: Dire qu’avant, je me serais arrêtée à son look hippie et que c’est le genre de personne à qui je n’aurais jamais été parler…Ce que j’aurais perdu.

Arrivés à Montréal, j’étais triste que la conversation doive prendre fin. En sortant de la voiture, on s’est tous serrés dans nos bras puis on s’est dit: « À une prochaine fois, peut-être ».

Oui, parce que peu importe, on aura eu la chance de vivre ces instants, c’est ça qui est précieux.

J’aimerais terminer ce billet en citant le poème qu’une festivalière a publié sur la page de l’événement, inspirée par celui-ci. Ces mots représentent très bien l’esprit du festival:

Tous dénudés de notre classe sociale
Nous nous sommes enfin retrouvés, pour guérir.
Nous vivions là, dans l’amour et le partage.
Ah ! Ces sourires ! Ces rires ! Ces fou-rires !

(Texte de Sarah Cacoub)

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Quelques photos du Festival Open Mind (Crédit photos: Adam Taschereau et mon album personnel):

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Page Facebook du Festival

STÉPHANIE

Devise de vie : « Que la peur soit ton moteur »

À seulement 28 ans, Stéphanie a un parcours professionnel impressionnant. Dotée des plus grandes qualités humanistes, elle les met au service des autres avec passion. Portrait d’une jeune femme inspirante.

« J’ai été élevée à Boucherville, une banlieue très homogène de gens de classe moyenne élevée et supérieure. Les gens sont souvent dans le « paraître », mais on ne sait jamais ce qui se passe derrière les murs de leur belle maison. Mes parents se sont séparés alors que j’avais 16 ans et c’était pour le mieux. Une séparation est toujours préférable à des conflits au sein d’un couple.»

À cause de sa réalité à la maison, la jeune Stéphanie se doit de mûrir plus rapidement. À l’école, les enseignants qui sont témoins de sa grande maturité, l’impliquent dans la correction des dictées et lui demandent de s’occuper des plus jeunes au service de garde.

« On me sollicitait et c’était stimulant pour moi, j’adorais m’impliquer auprès des plus jeunes, animer des ateliers et avoir un contact avec eux. Dans un travail scolaire, on m’avait demandé de nommer mes qualités et j’avais écrit « Je suis bonne pour être un être humain ». À cette époque-là, je n’avais pas le vocabulaire pour dire que j’étais empathique, que j’aimais le contact avec les gens et que j’avais un bon sens de l’écoute. Je savais que j’étais une bonne confidente et j’avais un fort sentiment de justice. »

Justement, au primaire, alors qu’une de ses camarades de classe d’origine sénégalaise est victime de racisme de la part de leur enseignante, la jeune Stéphanie l’incite et l’accompagne afin de rapporter ces injustices à la direction. Des mesures sont alors prises envers l’enseignante fautive.

« J’ai longtemps voulu être avocate quand j’étais jeune à cause de mon grand sens de la justice. Je sentais que j’avais la répartie et la grande gueule pour y arriver. Quand j’ai compris que la justice n’était pas vraiment « juste », j’ai vite changé d’avis. »

C’est alors en psychoéducation à l’Université de Montréal, que Stéphanie entreprend ses études universitaires.

« Dès le début de mes études, j’ai commencé à travailler en déficience intellectuelle dans un organisme communautaire.  J’ai adoré la clientèle, je me sentais vraiment à ma place. »

Alors qu’elle poursuit sa maîtrise en psychoéducation, ses travaux l’amènent à visiter des familles qui ont un enfant atteint d’autisme. Cette expérience la conduit à publier un premier ouvrage intitulé Laisse-moi t’expliquer l’autisme, parût en 2012 aux Éditions Midi trente. Ce bouquin, qui se veut un « livre-documentaire », est destiné aux enfants d’âge scolaire ainsi qu’aux parents et a pour but de démystifier l’autisme. Cet ouvrage l’a amenée à être finaliste au prix littéraire Hackmatack.

Avec le temps, plusieurs autres ouvrages vont suivre sur les thèmes de l’estime de soi, l’hypersexualisation, les habiletés sociales et un livre pour le réseau des femmes de Chaudières-Appalaches. Elle récolte les honneurs pour plusieurs d’entre eux, dont le prix Égalité 2015 pour son livre sur l’égalité fille-garçon. En 2014, son premier roman adulte intitulé L’Éphémère est lancé. Ce dernier fait de la jeune psychoéducatrice et auteure, la lauréate du grand prix du livre de la Montérégie. Au moment où l’on se parle, Stéphanie planche sur l’écriture de ses prochains ouvrages prévus à paraître prochainement.

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« J’ai toujours écrit. Pour moi, c’est nécessaire et vital au même titre que manger et dormir. Être auteure, c’est un rêve que je caressais depuis longtemps. Mes parents voulaient qu’on fasse des études universitaires mon frère et moi. Ils nous ont poussés, mais moi plus jeune je ne me voyais pas aller à l’école longtemps, je me voyais autodidacte. Me concentrer plusieurs années sur un seul sujet d’étude, c’était trop long pour moi. Je voulais écrire. Paradoxalement, j’ai fini par faire une maîtrise, mais j’écris également. Mon rêve ultime, c’est de vivre de ma plume. »

Stéphanie l’avoue, elle a constamment besoin d’être stimulée intellectuellement. Véritable touche à tout, il est difficile pour elle de n’être qu’à un seul endroit professionnellement, elle s’ennuie facilement dans une routine. À 25 ans, Stéphanie est déjà chargée de cours à l’Université de Montréal. Aujourd’hui, dans le cadre de son travail, elle offre des services de pratique privée en psychoéducation, elle travaille à temps partiel pour l’organisme Mira, elle offre des formations, des conférences, des ateliers, du coaching parental… Du côté des communications, elle écrit et collabore à différents médias (radio, télé, journaux) et, depuis un an, elle est chroniqueuse en tant que psychoéducatrice à l’émission Format familial sur les ondes de Télé-Québec

Rappelons qu’elle a seulement 28 ans.

À la radio avec Marie-Josée Harel
À la radio avec Marie-Josée Harel

Tout n’est pas tout rose pour la jeune femme douée; en mars 2013, alors qu’elle travaille 80 heures par semaine, elle s’effondre. Diagnostic : Surmenage.

« Ça a été l’élément déclencheur qui m’a amenée à me poser un tas de questions : pourquoi je travaille autant? Pourquoi ai-je autant besoin de m’étourdir? De quoi j’ai peur? Qu’est-ce que je cherche exactement? Qui suis-je réellement? J’ai réalisé que je me définissais uniquement par ce que je faisais. J’étais psychoéducatrice et auteure. Tel était ma définition de moi-même. Je devais donc apprendre à être plutôt qu’à faire, à me définir autrement.Où est la limite entre la passion pour son travail ou l’obsession maladive? Il y a une différence entre quelque chose qui est énergisant et l’autre qui est énergivore.»

Stéphanie admet que le travail en relation d’aide a un certain effet pervers.  On s’oublie pour se concentrer sur les problèmes des gens que l’on aide. C’est facile d’être dans le déni de notre souffrance et de nos difficultés quand notre travail consiste à soigner celles des autres.

« Je ne savais pas encore exactement qui j’étais. J’étais toujours l’opposé de ce que je faisais, j’avais l’air d’être en parfait contrôle alors que c’était le chaos total dans ma tête. Je ne me laissais pas le droit de ne pas être parfaite. Je me disais que si je me montrais vulnérable, les gens aux mauvaises intentions allaient en profiter. Je me disais également que l’amour ça se mérite quand on est parfait, pas autrement. »

Le surmenage, c’est ce qui a permis à Stéphanie de se remettre en perspective et à faire du ménage dans toutes les sphères de sa vie. Toutefois, le chemin peut encore être un peu ardu.

 « J’ai encore mes moments d’angoisse, de questionnements, de solitude et de craintes en l’avenir. Paradoxalement, je suis une peureuse, mais aussi une grande fonceuse. La peur est omniprésente; j’ai peur de manquer temps, de passer à côté de ma vie, j’ai peur de ne pas tout accomplir… Je suis très axée sur la destination et pas assez sur le chemin. Quand j’arrive à l’aboutissement d’un projet, je me dis « What’s next? ». Je ne vis pas assez le moment, je prends ne pas toujours le temps de me déposer, de savourer et d’apprécier la route. Je dois travailler là-dessus. »

Désormais plus sensibilisée aux troubles de santé mentale, Stéphanie lance un projet avec son amie Julie Philippon. Elles veulent amasser des fonds pour l’organisme Les Impatients. Elles s’embarquent ensemble et montent sur pied une soirée de conférences pour la semaine de la santé mentale. Les visages de la santé mentale, leur projet, se tient en mai 2014 au cabaret du Lion d’Or à Montréal. Des figures connues y sont présentes et font des témoignages inspirants sur leurs propres défis et victoires avec la santé mentale.

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« C’était beaucoup de travail et d’organisation, mais un magnifique projet. Je veux être porteuse d’un message, je me sens en mission de devoir communiquer, de sensibiliser, d’informer… J’veux qu’il y ait une portée. Personne n’a le don de réparer qui que ce soit, on est des outils. On peut être des conseillers, des déclencheurs, mais on ne fait pas de magie. Je ne crois pas en les spécialistes, je ne suis pas une spécialiste, je suis un être humain qui a une facilité avec les autres êtres humains. Ma job, c’est d’être ouverte, humaine et authentique pour générer ces mêmes qualités. Les gens cherchent d’abord notre empathie, bien plus que notre savoir-faire. »

Avec tous ses accomplissements, on serait porté à croire que la confiance en soi de Stéphanie est inébranlable. Modeste, elle admet plutôt qu’elle élargit sa zone de confort qui s’agrandit au fil des réussites.

« Mon moteur, c’est ma peur, pas la confiance en moi. »

Stéphanie lors du lancement de son roman L’Éphémère.

À 26 ans, suite à son surmenage, Stéphanie reçoit un diagnostic de TDAH (trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité). Également, elle se sépare de son amoureux des six dernières années avec qui elle venait d’acheter une copropriété.

« Cette relation me permettait un certain équilibre, mais ça me rappelle les paroles d’une chanson de Salomé Leclerc : « Je te montrerai comment on garde l’équilibre en se balançant ». L’équilibre c’est pas un état statique. Si tu es en équilibre, c’est que t’es en mouvement. Nous, nous  étions immobiles. On s’est séparé, sans drame, sans haine. »

Aujourd’hui, Stéphanie est en couple et amoureuse de Rodrigo, qui est papa d’un garçon autiste. Ils habitent maintenant tous ensemble.

« On s’est choisi tous les deux. On se ressemble, on connecte. C’est la première fois que je me laisse le droit d’être autant amoureuse, de me donner le droit d’être vulnérable. »

Aujourd’hui, Stéphanie se sent plus fidèle à elle-même grâce au ménage et aux mises au point que lui a permis de faire le surmenage dont elle a souffert.

Comme tous les autres humains, Stéphanie n’est pas parfaite et elle l’assume enfin. N’empêche, on ne peut qu’affirmer que c’est vrai, qu’elle est «bonne pour être un être humain ».

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Crédits photos : Rodrigo A. Gutierrez et album personnel de Stéphanie.

Pour visionner sa conférence « La résilience se trouve dans les livres » donnée à TEDx Québec: https://www.youtube.com/watch?v=AlPRz6E9vMk

Pour plus d’informations sur les services de Stéphanie, pour la suivre ou pour mieux la connaître : http://ensemblemaintenant.com/

Sur Facebook : https://www.facebook.com/pages/Ensemble-maintenant-Le-blogue-et-les-services-psycho%C3%A9ducatifs/180731061952575

ANNE-MARIE DUPRAS

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Sa devise : « Tant qu’il y a de l’humour, il y a de l’espoir »

L’histoire d’Anne-Marie Dupras ressemble à un conte de fée dans lequel il y aurait eu beaucoup trop de crapauds à embrasser. Si le prince charmant a fini par faire son apparition, il a fallu passer d’abord par une vie amoureuse de marde.

Celle qui a étudié à l’École nationale de l’humour en 1996 est une véritable touche-à-tout : humoriste, auteure, réalisatrice de court-métrage, post-production, radio, journalisme, musique et j’en passe.

« Je fais de l’humour depuis 18 ans. J’ai fait beaucoup de tournées et j’ai eu deux grossesses qui m’ont poussée à me réinventer en tant qu’humoriste. Quand tu fais des pauses et que tu reviens dans le domaine, d’autres humoristes ont fait leur apparition avec un style d’humour semblable au tien. »

Ses débuts sur le web remontent à une dizaine d’années avec le blogue Moments de maman. Ce dernier remporte alors beaucoup de succès.

 « Je continuais de faire des spectacles et un moment donné, j’ai rencontré Annie Deschamps, la fille du grand Yvon Deschamps. Elle m’a alors dit qu’elle aimerait écrire pour moi. J’ai accepté la collaboration et on a eu beaucoup de plaisir à travailler ensemble. Je remarquais qu’on avait le même style. J’ai fini par proposer à Annie de faire un numéro à deux et ça a bien fonctionné. Il y a deux ans, nous sommes devenues les Zélées, premier duo humoristique féminin au Québec. »

À travers ses plusieurs occupations, Anne-Marie, devenue célibataire, vit en parallèle d’abracadabrantes histoires de rencontres amoureuses infructueuses.

« Quand je racontais mes histoires à des amies, on me disait toujours que je devais écrire un livre là-dessus! ».

Sa dernière rupture ayant été très difficile, Anne-Marie décide alors d’écrire pour s’exprimer. Elle envoie un texte à des amis pour leur avoir leur avis. Devant les commentaires positifs qu’il suscite, Anne-Marie lance le blogue Ma vie amoureuse de marde le 26 août 2013.

« Ça a fait boule de neige.  J’ai créé une page Facebook et plusieurs personnes que je ne connaissais pas se sont mises à me suivre.  Les gens m’écrivaient et me racontaient leurs histoires. Ils me disaient vivre les mêmes choses et se sentaient moins seuls. »

Anne-Marie surfe alors durant quelques mois sur le succès de son blogue et elle rend sa page Facebook interactive en publiant des photos d’elle avant une rencontre et elle lance un concours pour gagner un souper en sa compagnie. Elle se développe une belle communauté.

Un des grands plaisirs d’Anne-Marie est d’échanger avec ses lecteurs qui lui écrivent pour se confier.

 « Une fille a annulé son mariage à cause d’un de mes textes. Elle a réalisé qu’elle était dans une relation toxique et s’en est sortie avant qu’il soit trop tard. Je reçois des courriels à tous les jours de gens touchés par mes textes, qu’ils soient en couple ou non. Suite à mon texte « L’amour qui fesse », j’ai reçu un message d’une femme qui me disait avoir compris que sa mère avait vécu la violence toute sa vie avec son père et que la veille, elle en avait parlé pour la première fois avec sa mère. J’ai été si émue. »

Si elle reçoit autant de messages d’hommes que de femmes, Anne-Marie avoue toutefois que selon le sexe, les préoccupations amoureuses sont très différentes.

« Les messages de filles que je reçois me montrent qu’elles ont tendance à être plus dans le questionnement, le témoignage… Elles cherchent de l’aide, du soutien et de l’écoute. Par contre, les hommes qui m’écrivent semblent plus blessés ou fâchés contre l’amour.  Ils sont dans l’accumulation de trucs qui ne marchent pas et sont souvent découragés. Ils ne veulent plus mettre d’énergie dans l’amour. Les filles vont pleurer les échecs, mais sont plus aptes à rebondir; elles sortent boire des martinis et passent ensuite au suivant. »

La réussite d’Anne-Marie n’allait pas se restreindre au web. Comme la vie fait bien les choses, les succès sont souvent venus à elle sans qu’elle doive les provoquer.

« Un jour, je croise India Desjardins dans le métro. Elle me dit alors qu’elle revient de sa maison d’édition et qu’elle leur a parlé de moi. Les gens là-bas lui auraient dit aimer mon blogue et qu’ils aimeraient me faire une offre pour écrire un livre. Je suis allée les rencontrer. Le 14 février 2014, j’ai reçu la confirmation de la maison des éditions de l’Homme que mon livre Ma vie amoureuse de marde allait être publié. C’était une belle St-Valentin! »

Le 26 août 2014, soit un an jour pour jour après le lancement de son blogue, le livre d’Anne-Marie était imprimé.

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«Moi ce que j’aime faire, c’est raconter des histoires et faire rire. J’écris d’autres livres présentement et ils toucheront à mes passions dans la vie : l’amour et l’humour.  Je travaille présentement avec Annie (Deschamps) sur le livre Une fois c’t’une fille, dont la sortie est prévue en septembre 2015. On rencontre les femmes drôles pour faire des portraits sur elles. Ça ne sera pas un ouvrage féministe, mais on voulait donner la parole aux femmes qui ont fait carrière à travers les époques au Québec. On capote à faire ça, on rencontre des idoles. »

Parce qu’on lui a demandé souvent et parce qu’elle a l’intention de pousser plus loin sur le thème de l’amour, Anne-Marie présente des conférences sur le même thème que Ma vie amoureuse de marde.

« Tout le monde sait ce que c’est une peine d’amour, se retrouver seul. Je touche au 18-65 ans, gars, filles… Je veux donner des trucs pour être bien dans notre vie, en couple ou pas. Il ne faut pas attendre d’être casé pour être heureux et il faut arrêter d’être dans l’attente de ce qu’on n’a pas. On peut toujours tirer le meilleur de notre situation. Notre société cherche à nous convaincre qu’il nous manque toujours quelque chose, qu’on sera bien plus tard quand on aura tel ou tel gadget, quand on sera parvenu à ça ou ça… Je refuse d’embarquer dans les trips de consommation.»

Elle ajoute :

« Le célibat est vu comme une maladie. On tente de nous convaincre qu’on devrait être malheureux quand on est seul et donc, on finit par le croire. Des gens restent en couple pour ne pas être seuls, mais ça se peut aussi qu’on soit dans un couple qui ne nous convient pas. Ça se peut qu’on soit malheureux en couple aussi. Le bonheur ne devrait rien avoir à voir avec notre situation amoureuse. »

À l’hiver 2014, Anne-Marie s’essouffle des sites de rencontres. Elle en prend une pause tout en continuant d’alimenter son blogue.

« J’ai cessé de dater parce que je n’en pouvais plus. J’allais finir par tuer l’espoir en moi à force de rencontrer des crétins. J’en étais rendue à croire que les hommes étaient tous comme ça. Avec  la multiplication des sites de rencontres comme Tinder, je trouvais que c’était rendu trop. Ça donne l’impression de magasiner des divans. »

À l’aise et heureuse avec ses succès et son célibat, Anne-Marie fait alors la rencontre d’un lecteur à l’hiver dernier.

« J’ai reçu un message d’un homme qui m’offrait de me commanditer pour mes projets. J’ai été prudente au début, je me disais que c’était un autre « tout croche » qui s’essayait. On a discuté via courriels. Son discours faisait du sens et il ne cherchait pas à me rencontrer au plus vite, ça m’a rassurée. Il m’a aidé à financer de l’équipement vidéo puis une soirée de célibataires que j’organisais. C’est moi ensuite qui a voulu le rencontrer. Au fil des rencontres, j’ai fini par réaliser que je développais des sentiments pour lui. C’était la première fois que je tombais amoureuse tranquillement. D’habitude, c’était le coup de foudre et les feux d’artifices. Ça fait du bien ce genre d’amour. Quand tu veux quelque chose qui dure, tu dois prendre ton temps, faut que tu bâtisses quelque chose de solide. »

Son amoureux s’implique, il la suit en tournée et savoure avec elle ses succès, ce qui est nouveau pour elle. Fini pour elle les crapauds, les contes de princesses finissent bien. À l’été 2015, Anne-Marie épousera son prince charmant.

« Ça m’a pris des mois avant de croire à ma relation amoureuse  tellement c’était trop beau. Je faisais des cauchemars dans lesquels mon chum n’avait jamais existé et je rêve encore qu’il me quitte quand tout va trop bien. Dans le passé, j’ai été laissée subitement du jour au lendemain sans aucun signe. À la veille de me quitter, mon ex disait à mon père à quel point j’étais extraordinaire. Je me dis donc que si ça a pu arriver, rien n’est à l’épreuve de tout. Souvent, on croit qu’on ne mérite pas cet amour-là.»

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Et si nous souhaitons vivre une histoire extraordinaire comme celle d’Anne-Marie, il y a certains conseils qu’il serait pertinent de suivre :

« C’est important de savoir ce qu’on ne veut pas, pas juste ce que l’on veut. On en vient souvent à choisir quelqu’un de correct parce qu’on se dit qu’on ne trouvera personne de mieux comme on ne le mérite pas vraiment, mais ça ne fonctionnera pas parce que tu cherches à te contenter. Si tu n’es pas plus heureuse dans un couple que tu pourrais l’être toute seule, ça ne donne rien, tu n’as pas à rester là-dedans. On endure trop souvent des gars qui ne nous conviennent pas parce que c’est moins dur que d’être seule. On endure souvent tellement de choses pour aucune bonne raison. »

Il y a toutefois un certain danger à avoir des critères trop rigides, à chercher une perfection qu’on sait impossible.

« Il faut aussi savoir répondre aux critères qu’on exige des autres. Sans se contenter, si tu sais trop ce que tu veux et que tu es rigide là-dessus, tu vas perdre des opportunités. Tu vois moi, je ne voulais rien savoir d’un gars s’il n’habitait pas Montréal. Mon chum habite Terrebonne et c’est l’homme de ma vie. J’aurais perdu ça si j’avais été trop rigide sur mes critères. On n’offre rien de parfait, on ne peut pas s’attendre à quelque chose de parfait en tout point non plus. Un conseil : faites une liste des 10 qualités que vous cherchez chez quelqu’un et de celles que vous avez. Réduisez ensuite cette liste à trois. Peut-être que le gars que vous allez rencontrer va avoir les trois qualités et quelques autres, mais pas les 10 et ce sera correct quand même. »

Le secret de l’amour selon Anne-Marie : Il faut croire à la magie pour la voir.

« On se fait accuser par des gars blasés qu’on écoute trop de films, qu’on croit aux contes de fées. Moi ce que je dis à ceux-là, c’est : ne brise pas les rêves de tout le monde parce que toi tu n’as jamais vécu la magie, parce que tu ne veux pas la voir et y croire. Qui sommes-nous pour dire « ça se peut pas! »? Tu ne peux pas vivre quelque chose si tu ne le veux pas. Si tu te fermes à la magie, tu ne la verras jamais. Il faut rester ouvert et croire que de magnifiques choses peuvent nous arriver, parce qu’on le mérite!»

Heureuse St-Valentin!

 ___________ Crédits photos: Dany Papineau et Catherine Giroux http://www.mavieamoureusedemarde.com annemariedupras.com

ANTIDOTE SUPERALIMENTATION

Charles et Élise, propriétaires de l'épicerie et comptoir Antidote Superalimentation
Charles et Élise, propriétaires de l’épicerie et comptoir Antidote Superalimentation

De grandes vitrines face au soleil, une ambiance chaleureuse, de jeunes propriétaires dynamiques et une clientèle des plus heureuses de voir apparaître dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve la première épicerie entièrement végétalienne au Québec. Antidote Superalimentation est, depuis son ouverture à l’automne dernier, le commerce chouchou de la rue Ontario.

Les jeunes propriétaires  Charles et Élise ont eu l’idée d’un commerce végétalien il y a de cela deux ans et demi.

«Je travaillais dans le domaine du cinéma et du web et j’étais plus ou moins satisfait dans mon métier. Durant cette période, j’ai changé mon type d’alimentation et je suis devenu végétalien. Une véritable passion est alors née pour l’alimentation. Je me suis mis à lire sur le sujet, j’ai suivi des cours de nutrition et j’ai fait l’expérience du travail en cuisine. J’ai eu une vraie piqûre. » raconte Charles.

«Moi je travaillais dans le domaine de la restauration et j’adorais ça. Je commençais également à travailler en cinéma et je me rendais compte que ça ne correspondait pas à ce que j’avais espéré. » d’ajouter Élise.

Unissant alors leur passion pour l’alimentation et leurs talents, Élise et Charles se mettent à travailler sur un projet d’émissions de télé de cuisine végétalienne. Entourés de la meilleure équipe, ils montent une émission pilote qui n’arrive toutefois pas à convaincre les producteurs, l’alimentation végétalienne n’ayant pas assez la cote selon ces derniers.

« Un soir, on a discuté de tout ça moi et Élise. L’idée d’ouvrir un café-bar à jus est venue sur la table et même celle d’avoir possiblement un foodtruck. Malheureusement, les règlements qui régissent la cuisine de rue obligent les propriétaires à également tenir un local commercial. Il nous restait donc l’idée d’ouvrir un commerce, mais que nous avons dû temporairement mettre en suspens, faute de moyens.»

Entretemps, Élise entreprend une formation en démarrage d’entreprise.

Un jour, en faisant leurs courses dans une épicerie santé, Charles et Élise réalisent qu’il devient éreintant d’avoir toujours à lire les étiquettes pour voir si les produits sont bel et bien végétaliens. De plus, ils trouvent l’ambiance de l’épicerie très clinique avec les employés en sarrau et plutôt froide avec l’éclairage aux néons.

« Le concept d’épicerie n’a jamais été revu. On s’est dit que  ce serait bien d’aller faire nos courses dans une épicerie chaleureuse avec une ambiance le fun. On a mis sur papier l’épicerie de nos rêves. Finalement, notre projet prenait de l’expansion et s’ajoutait dorénavant l’idée d’une épicerie et d’un comptoir de prêt-à-manger à celle du café-bar à jus. »

Charles et Élise entreprennent alors des démarches auprès d’organismes pour avoir du financement pour lancer leur commerce de rêve.

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« On nous a dit de ne pas s’installer dans Hochelaga-Maisonneuve. Un organisme a refusé de nous venir en aide parce qu’on s’installait ici. Les gens qui ne viennent jamais dans le quartier n’ont pas idée de ce qu’il est devenu. Il est en pleine ébullition, c’est vivant et chaleureux. La vie de quartier est fantastique ici. On habite Hochelaga et c’était important pour nous d’y établir notre commerce. C’est un quartier qui lève avec plusieurs restos et boutiques qui sont loin d’être trashs. »

Créatifs et déterminés, Charles et Élise lancent alors une campagne de financement visant à demander l’aide du public afin de réaliser leur projet. Charles fait un montage vidéo, ils organisent une soirée de lancement et le message se passe grâce aux réseaux sociaux et la page Facebook d’Antidote. Mission accomplie : Les gens y participent grandement et les jeunes entrepreneurs dépassent de 5000 dollars leur objectif de financement de 40 000$.

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« Des gens qui ne sont même pas végétaliens nous sont venus en aide parce qu’ils ont aimé le projet et l’audace de la campagne. Aussi, nous avons eu de l’aide de gens qui n’habitent même pas le quartier. C’est très touchant. Nous sommes très reconnaissants de l’aide que ces gens, souvent, de parfaits inconnus, nous ont offert. »

Après des mois de travail acharné, le commerce ouvre enfin ses portes à l’automne 2014.

« La réponse est positive. Nous sommes très satisfaits. Les gens du quartier nous disent merci d’avoir ouvert ici. On a des clients même pas végétaliens qui font des découvertes ici et qui réalisent que c’est bon la nourriture végétalienne. Les gens viennent demander des conseils et de l’information. Il y a un côté très « sensibilisation » à notre travail. Les gens prennent de plus en plus conscience de l’impact de la consommation de la viande et des produits animaliers sur leur santé, sur les animaux d’élevage et sur l’environnement. Nous, c’est sans jugement qu’on accueille les gens de toutes habitudes alimentaires. On se donne toutefois la mission de démocratiser, d’enseigner et de rendre ce mode de vie accessible aux gens qui se questionnent de plus en plus sur leur alimentation et qui veulent apprendre à mieux manger. C’est une véritable passion pour nous. »

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En ce début d’année, Charles et Élise en sont à élaborer des projets de conférences et d’ateliers culinaires à offrir en magasin. Les idées de projets coulent à flots pour Antidote. De plus, les adeptes du comptoir prêt-à-manger seront heureux d’apprendre que leurs produits maison, le végélox deluxe ainsi que le fromage à la crème de noix de cajou seront commercialisés en 2015. Également, Antidote sera présent au Salon Expo manger santé et vivre vert qui aura lieu du 20 au 22 mars prochain au Palais des congrès de Montréal.  Une belle occasion de rencontrer les sympathiques propriétaires.

« On veut dynamiser l’endroit;  toujours dans l’optique de sensibiliser, d’enseigner et de créer un lieu rassembleur. On veut attaquer les préjugés que les gens pourraient avoir envers l’alimentation végétalienne. On sait que la connaissance met fin aux préjugés, d’où notre intérêt de faire de l’enseignement. Les végétariens et végétaliens le savent bien : leur mode d’alimentation fait bien rire leur entourage. On est aussi passé par là et nous non plus on ne pensait pas devenir végétaliens il y a trois ans! »  

Une visite chez Antidote vaut définitivement le détour.  Ils ont en stock de savoureux produits de qualité en plus de tenir des gammes de cosmétiques végétaliens aux parfums enivrants. Les coups de cœurs de Portraits? La sauce au caramel de Date Lady, faite à base de dattes organiques, la barre de chocolat Twilight de la compagnie Go Max Go, une reproduction quasi-parfaite de la barre Mars et finalement, les faux-filets de poisson de la marque Gardein au goût tellement comparable au poisson que même les non-végétaliens ne s’aperçoivent de rien!

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Crédits photos: Annie Murphy

Antidote Superalimentation : 3459, rue Ontario E. / 514-303-6300

http://www.antidotesuperalimentation.com

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MYRIAM

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La plus grande fierté dans ma vie:

« D’avoir su m’écouter aux bons moments. La vie m’a portée vers les lettres, ensuite vers le social, j’en suis à essayer d’allier les deux. Je suis fière, tout simplement, d’aimer où je suis et ce que je fais. »

Mon plus grand rêve:

« Créer mon propre organisme communautaire : Une ressource spécialisée en musique pour les jeunes de 16 à 30 ans. Un endroit d’expression libre gratuite. J’aimerais aussi réaliser mon vieux rêve d’enfance, celui d’écrire un livre. »