Archives pour la catégorie PORTRAITS « DANS LES COULISSES »

LYDIANE

Devise : « Il faut sourire et faire confiance à la vie parce que la vie est belle »

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Avez-vous déjà rêvé de tout laisser tomber, tout vendre et partir sans date de retour? Impossible, vous dites? Pourtant, c’est ce que Lydiane a littéralement fait. Passionnée de voyage depuis sa plus tendre enfance, la belle aventurière a troqué le stress d’un travail exigeant et une lucrative vie professionnelle pour un périple au bout du monde.

« À 16 ans, j’ai fait mon premier voyage, un échange scolaire à Calgary. J’ai trippé comme une folle. Ça m’a ouvert les yeux sur le monde, sur mon désir de découverte. J’ai fait une simili-dépression en revenant au Québec. Je ne voulais pas rester ici, j’avais la piqûre totale de m’évader et de visiter le monde ».

À 18 ans, Lydiane part avec son sac à dos durant un an et fait le tour de l’Europe avec sa sœur. L’année suivante, elle part un mois au Costa Rica et plus tard, elle habite en Suisse pendant un an.

« J’ai travaillé comme barmaid à travers mes études et c’est ce qui me permettait de voyager. À partir de mes 18 ans, je suis partie en voyage au moins un mois et demi par année et ce n’était pas assez pour moi. Je m’en foutais de ne pas m’acheter de voiture ou d’autres biens matériels, je voulais juste voyager».

À cette époque, Lydiane se fait une promesse : un jour, elle va partir et n’aura pas de date de retour.

Au début de sa vingtaine, elle suit une formation de courtier immobilier. Elle se découvre un autre rêve : être une femme d’affaire et faire de l’argent.

« Je me suis associée avec mes parents. Ça a grossit très vite. En moins de deux ans, à 24 ans, j’avais atteint mes objectifs. J’avais ma maison, je mettais de l’argent de côté et à 25 ans, j’achetais ma voiture de rêve ».

Satisfaite d’avoir atteint ses buts, Lydiane fait une prise de conscience déterminante.

« À ce moment-là, j’ai réalisé : C’est juste ça que ça apporte de travailler comme une folle? Amasser de l’argent et toujours plus d’argent et ne pas avoir de temps pour en profiter? Pour acheter plus de trucs? Ça ne m’avait pas remplie, je n’étais pas comblée. J’étais confortable, mais pas épanouie, ni remplie de bonheur. Je me suis dit qu’il devait y avoir quelque chose de plus à aller chercher dans la vie. Ça se pouvait pas que le but de ma vie soit ça, que ça tourne autour de m’acheter une maison et un beau char! Un moment donné, je me suis dit : Lydiane, c’est assez, fait un move pour ta vie! »

Autre cri d’alarme : Ses parents, ses associés, venaient tout juste de passer tout près de l’épuisement professionnel. Ils ont alors tout quitté et sont partis vivre en Nouvelle-Calédonie. Nouveau départ.

« J’ai trouvé quelqu’un pour reprendre la relève de ma business. Je l’ai formé, c’était un nouveau courtier. Je lui ai dit : Je vais te former et quand je jugerai que tu seras prêt, je te lèguerai mon entreprise. Mon projet s’est entamé à partir de là. En septembre 2013, je lui transférais tous mes clients. »

C’était plus que clair dans la tête de Lydiane, c’était le moment tant attendu : elle allait partir sans date de retour. Elle met alors sa voiture et sa maison en vente. Même ses vêtements!

« Tout le monde me demandait pour combien de temps je partais, je ne le savais pas. La société veut une limite de temps, des itinéraires. Tout doit être défini, encadré. Je n’avais juste aucun plan. Plus j’avançais, plus je savais que je prenais la bonne décision. Tout mon entourage a compris et bien réagi et ils m’ont appuyé. Laisser tomber son confort, c’est une crainte, mais je fais confiance à la vie.»

Alors que Remax venait de lui remettre un trophée pour avoir battu des records de vente, la jeune retraitée en a surpris plus d’un au bureau avec son nouveau projet.

« On me disait : T’es à l’apogée de ta carrière, t’as 26 ans et c’est fini? Tu prends ta retraite? Sérieusement, je me sentais comme ça. J’avais atteint les objectifs les plus hauts que je m’étais fixé. J’avais réussi à me prouver que je pouvais réussir. J’étais prête à passer à autre chose. Il fallait que je passe par ce chemin là pour totalement apprécier ce que je m’apprêtais à faire. J’ai adoré mon travail. Je suis une fille constamment déterminée à dépasser mes limites, mais travailler 70 heures par semaine, c’est pas sain, c’est pas normal. J’ai besoin de me réaliser, mais jamais au détriment de ma vie. Le travail n’a aucune importance. Sur mon lit de mort, je ne me féliciterai pas de mourir riche en ayant travaillé comme une défoncée toute ma vie. Les images qui vont me rester en tête c’est pas le matériel que j’aurai eu, c’est les expériences que j’aurai vécu. »

En septembre 2013, Lydiane s’envole sans billet de retour vers l’Asie.

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Avant son départ, elle crée une page Facebook : Lydiane autour du monde, dans le but que ses amis et sa famille puissent suivre son périple. Elle publie d’abord une vidéo pour souhaiter la bienvenue sur sa page; 24 heures plus tard, ça explose : 5000 personnes se sont abonnées. Une semaine plus tard, 5000 personnes de plus aiment sa page. Aujourd’hui, son compte affiche plus de 40 000 abonnés. La popularité de la grande aventurière est confirmée.

Lydiane est revenue au Québec en septembre dernier après une année d’expériences et de rencontres transformatrices. Celle qui dit ne pas être encore prête à se poser s’envole pour une nouvelle aventure en novembre prochain. Elle prévoit partir pour un an, mais avoue que le délai pourrait changer. Fait intéressant : elle a sondé ses 40 000 abonnés sur le choix de la prochaine destination. Entre deux possibilités qu’elle a lancé, ils ont voté pour l’Amérique du sud à grande majorité.
Avec toute cette popularité, Lydiane dit avoir reçu des offres.

« On m’a approché pour différents projets, mais je les ai repoussé pour l’instant. Je veux partir une autre année pour moi, pour mon accomplissement personnel et évoluer encore plus. Je veux me concentrer sur le bénévolat durant ce voyage. Tu ne peux pas vivre vraiment cette expérience-là dans le cadre d’une émission de télé, tu dois le vivre profondément avec toi-même. Ceci dit, j’adorerais vivre de mes voyages. Si je peux voyager et parler de voyage toute ma vie et la gagner par le fait même, je serai la fille la plus heureuse au monde.»

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Ses projets avec ce deuxième voyage? Se concentrer sur son site web afin de promouvoir l’éco-tourisme, le voyage humanitaire et le tourisme engagé.

« Il n’y a pas beaucoup de plateformes qui offrent des conseils et informations au grand public sur ces sujets-là. Beaucoup de gens veulent faire des voyages d’entraide, humanitaire, je veux devenir un site de référence pour ces gens-là. Je veux ouvrir les yeux au monde. Je veux devenir un exemple de tourisme engagé. Tracer un chemin pour les gens voulant suivre ces traces. Je veux aussi casser le mythe du « on doit être riche pour voyager ». Beaucoup pensent que ça coûtent cher alors que la réalité est que c’est le billet d’avion qui est dispendieux. On peut se débrouiller et vivre avec peu de fonds une fois à destination. J’ai vu des gens voyager avec un budget de 200$ par mois. »

Et la peur? Combien de gens s’empêchent de voyager parce qu’ils seraient seuls? Parce qu’ils s’inquiètent à propos du pays qu’ils aimeraient visiter?

« Je suis partie seule et j’ai visité des pays qui ont mauvaises réputations, notamment les Philippines. Dans les faits, c’est un des pays les plus sécuritaires que j’ai visité. Il faut lire, se renseigner, ne pas se fier aux discours des médias. Le pire, c’est de ne pas connaître. La première étape est de s’informer. Pour ce qui est de la peur, le jour où tu passes par-dessus une, tu réalises que tu avais peur pour rien, puis tu en surpasses une autre, puis une autre… Il suffit de commencer par surmonter une toute petite peur, puis on réalise que petit à petit, on finit par toutes les combattre une à la fois.»

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La Lydiane qui est de retour de sa grande aventure est différente de celle qu’elle était il y a un an.

« Avant, je n’arrivais pas à gérer mon stress et ça me polluait la vie. Je n’étais jamais dans le moment présent et je n’appréciais pas autant la présence des gens, les bons moments à cause du stress omniprésent. Maintenant, je savoure chaque minute. Aussi, j’ai appris à développer ma tolérance aux délais. Notre rythme nord-américain n’existe pas en Indonésie, pour eux le temps n’existe pas. Eux, ils ont compris. »

Gérer son stress quand nos revenus sont inexistants et qu’on voit notre montant d’argent descendre dans notre compte en banque, c’est presque un art.

« Ça ne me stresse pas vraiment parce qu’il y a toujours moyen de se débrouiller pour travailler en voyage. Si tu n’as plus d’argent, tu peux te trouver un petit emploi dans un commerce ou faire du woofing. Il y a plein de possibilités; tu ne te retrouveras pas dans la rue si tu ne le veux pas. »

Lydiane mord dans la vie à pleines dents. Il suffit de la suivre sur sa page Facebook pour que son dynamisme et sa joie de vivre nous inspire au plus haut point. Elle vit sa vie à pleine capacité d’émerveillement. Entourée, inspirée, déterminée à goûter à chaque instant…

Et si Lydiane avait tout compris?

Lydiane et sa plus grande fan: moi-même!
Lydiane et sa plus grande fan: moi-même!

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www.lydianeautourdumonde.com

Photos: Annie Murphy et archives personnelles de Lydiane

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JEAN-MARIE LAPOINTE

Sa devise : « Ne laissez jamais quelqu’un venir à vous et repartir sans qu’il ne soit meilleur et plus heureux »     – Mère Teresa

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Crédits: Sarah Scott

Comme la plupart des gens de ma génération, je connais Jean-Marie Lapointe d’abord comme un comédien, un animateur et un grand sportif. Depuis quelques années, alors que je le redécouvre sous d’autres aspects, il représente une personne de qui je tire une inspiration immense.

Quand on le questionne à savoir ce qui l’a poussé à choisir une carrière sous les projecteurs, Jean-Marie répond par une phrase marquante que lui a dite le comédien Gilles Pelletier:

« Ce n’est pas toi qui choisit le métier, c’est lui qui te choisit ».

S’il n’est plus autant présent à l’écran depuis quelques années, Jean-Marie l’explique humblement:

« Ce n’est pas les conséquences d’une décision personnelle de ne plus être très présent dans les médias. Il y a des choses dans la vie que tu ne contrôle pas et ça en fait partie. Il y a des producteurs qui prennent des décisions et il faut vivre avec ça. Il importe de prendre du recul et de se poser des questions quand il arrive des silences dans ta carrière »

Difficile à dire si les silences dans son métier ont tracé une toute nouvelle avenue pour lui, mais quoiqu’il en soit, le destin l’attendait dans le détour.

C’est au tournant de l’an 2000 qu’il rencontre Isabelle Girard, une jeune femme de 19 ans atteinte d’une maladie incurable. Il ne lui reste que peu de temps à vivre et Jean-Marie entreprend de l’accompagner dans ses derniers moments de vie. Cette rencontre a marqué le début d’une série de plusieurs autres qui allaient être extrêmement déterminantes.

« On dit que la mort ferme les yeux du défunt pour ouvrir ceux des vivants. À force de me retrouver en relation significative avec des jeunes en fin de vie, mes projets se sont teintés de leur essence. Ça m’a amené à me remettre en question : Qu’est-ce que tu fais de ta vie pendant que tu l’as? La vie sert-elle à posséder des choses? À avoir une belle grande carrière? La célébrité est une quête vide si c’est motivé par l’argent et le seul désir d’être connu. Ça comble ton égo et tu te retrouves à en vouloir toujours plus. Ce que je veux, c’est tout simplement mener une vie qui a du sens ».

Ce que j’admire chez Jean-Marie, c’est son naturel désarmant. Il arrive à accompagner des gens en fin de vie avec une aisance pure, une authenticité sans pareil. Il y a pourtant un malaise profond, un sentiment d’être démuni lorsque l’on doit faire face à la souffrance des autres.

« C’est normal de se sentir comme ça. C’est une situation d’impuissance. On n’aime pas voir les gens souffrir. Il faut les accompagner en acceptant d’être vulnérable, d’être impuissant, de ne pas tout le temps savoir quoi dire… Il ne faut pas oublier qu’on n’accompagne pas la mort, on accompagne la vie. »

Jean-Marie est affirmatif : accompagner des jeunes en fin de vie lui a apporté plus de vérité et une existence plus proche de ses valeurs.  Ça lui apporte une intensité; celle d’être plus conscient de qui il est et d’où il désire aller.

« On joue à l’autruche avec notre vie parce qu’on ne sait pas quand elle s’arrêtera. On doit vivre une vie en cohérence avec nos valeurs. Il n’y a personne sur son lit de mort qui regrette de ne pas avoir assez travaillé ou d’avoir manqué de possessions. Ce que les gens regrettent, c’est de ne pas avoir assez aimé, de ne pas avoir été assez bons ».

Crédit: Sarah Scott
Crédits: Sarah Scott

S’il est impliqué dans beaucoup de causes, Jean-Marie affirme qu’elles sont venues à lui. Le don de soi, c’est de famille. Il avoue avoir été inspiré par sa tante religieuse et également par son père, le grand Jean Lapointe qui a beaucoup donné notamment pour la cause de la dépendance aux substances.

Dans les choses qui aident à donner un sens à notre vie, Jean-Marie parle du bénévolat.

« Peu importe dans quel milieu et avec quelle clientèle tu décides de t’impliquer, le bénévolat est le meilleur moyen de te décentrer de ton nombril. Tu entres chez toi ensuite, tu réalises que tu as fait du bien et tu es ému. Ça t’apporte du bien aussi. L’humain est fait pour tendre la main, il a en lui cette capacité d’action là ».

Mais la question-piège: N’y a-t-il pas une part d’égoïsme dans le fait de faire du bien parce que ça nous en procure aussi?

« On est assis ici toi et moi. Dans quelques secondes, on entend un bruit de collision de voiture dans la rue et on entend une femme crier. Notre premier réflexe sera d’aller voir, de tenter de lui venir en aide. T’es d’accord? C’est instinctif. Y’a pas eu l’espace d’une seconde dans ta tête où tu vas t’être dit : « Je vais aller l’aider, ça va me faire du bien et m’apporter beaucoup». Tu le fais et c’est tout. Je vois le bénévolat de la même façon ».

Tout ce vécu, toutes ses expériences, Jean-Marie aimerait un jour les transmettre à son tour à sa famille, à celle qu’il souhaite avoir.

« On parlait des choses sur lesquelles on n’a pas le contrôle, je ne l’ai pas non plus sur l’amour que je peux recevoir, mais sur celui que je peux donner. Je fais confiance à la vie. Un jour, j’aurai peut-être une blonde, une femme, avec qui je pourrai fonder une famille. Peut-être aussi qu’elle aura des enfants de son côté. Le but au fond est de le partager avec le plus de gens possible…on est riche de ce qu’on partage ».

Justement, Jean-Marie partage avec nous une quinzaine de récits sur les rencontres marquantes de sa vie dans le livre « Je ne t’oublierai pas » paru au début de l’année aux Éditions Libre Expression. C’est le deuxième ouvrage de celui qui a lancé, il y a presque dix ans, le récit autobiographique « Mon voyage de pêche » dans lequel il aborde sa relation avec son père.

Le livre de Jean-Marie paru aux Éditions Libre expressions au début de l'année.

Un souhait de Jean-Marie serait de revenir à la télé dans une série d’émissions abordant les thèmes de la vie, de la compassion et de l’altruisme. Rencontrer des gens qui ne l’ont pas facile, qui vivent des défis de vie importants, accompagner ces gens et leur laisser la parole.

« C’est un défi parce que ça ne peut pas parler à tout le monde. On est riche de nos rencontres avec les moins chanceux. La souffrance et la « bad luck », ça rend plus conscient, ça amène la sagesse. De partager ces expériences, ça ouvre les yeux, ça dérange  et ça change le rapport à la vie. Il y a des producteurs qui sont ouverts à ça. Oui, je veux encore faire de la télé, mais autrement ».

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Crédits photos : Sarah Scott

Causes, implications et projets de Jean-Marie :

Fonds Espoir de Joanna Comtois
http://fondsespoir.org/

Leucan
http://www.leucan.qc.ca/fr/

Défi sportif AlterGo
http://www.defisportif.com/fr/index.php

Le Grand Chemin
http://www.legrandchemin.qc.ca/_home

L’Éclaircie
http://www.maisoneclaircie.qc.ca/

Fondation Matthieu Ricard
http://canada.karuna-shechen.org/fr/

Compagnons de Montréal
http://www.compagnonsdemtl.com/

Pour visionner la bande annonce du film documentaire  Le défi Pérou auquel Jean-Marie a participé en tant qu’accompagnateur d’un groupe de jeunes ayant la Trisomie 21 menant une expédition vers l’ascension du Machu Picchu : https://www.youtube.com/watch?v=n0n2gLfavJk

Jean-Marie Lapointe est également conférencier. Pour toutes demandes de conférences, veuillez contacter son agent Stéphan Deschenaux au 514-769-6324.