Archives pour la catégorie ÉTAT D’ÂME

RÉALISATION SOUDAINE D’UN LUNDI PLUVIEUX

J’ai vécu aujourd’hui ce qu’on appelle une révélation.

Ben non, pas d’apparitions ni de Témoins de Jéhovah à ma porte, je parle d’une réflexion qui a mûri.

J’ai voulu m’offrir une petite journée de congé de rédaction, non pas parce qu’écrire des billets sur ce blogue est une corvée, loin de là, mais parce que je voulais un peu profiter du moment présent. Alors que je commence à me sentir pas mal comme sur un nuage en ce moment dans ma vie, je veux apprécier et savourer ce qu’elle m’apporte de merveilleux depuis quelques semaines.

Ce soir, alors que je réfléchissais aux articles que j’ai envie d’écrire pour le blogue cette semaine, une pensée m’a effleurée l’esprit: « si seulement tout ça pouvait me donner un salaire« . Cette pensée est récurrente et bien que j’éprouve un immense plaisir à écrire ici et d’autres blogues où je collabore, il n’en reste pas moins que j’aimerais que ça apporte du pain sur ma table.

Puis, suite à cette réflexion, pour la première fois depuis que j’écris, mon cerveau a répondu: « Puis, qu’est-ce que ça change que ça te paie ou non?« .

Et là, j’avoue que j’ai eu l’effet d’une claque en pleine face.

J’ai passé une bonne partie de ma vie à écrire pour être reconnue, pour que ça me procure des gains, une crédibilité. Dans un article qui date de l’an passé, j’exposais cette situation qui m’avait plutôt laissée un goût amer. J’attendais que Portraits m’amène des offres, une visibilité, en vain. Je voyais de par les statistiques que j’étais pas mal lue, mais le peu de commentaires et d’offres que mes billets engendraient me permettaient trop peu à mon goût de saisir le pouls de mon lectorat, de vraiment comprendre que je faisais quelque chose de pertinent.

Voyez-vous, pas plus tard que ce matin, je me suis dit que ma vie serait donc bien parfaite si j’arrivais à être travailleuse autonome, faire de la rédaction, entretenir un blogue qui m’amène des contrats, collaborer au contenu d’autres blogues plus visibles. Puis ce soir, j’ai réalisé que je faisais déjà tout ça; excepté que ça ne me paie pas. Mais qu’est-ce que ça change au final? Je suis stimulée, je me sens accomplie, je retire du plaisir à m’installer pour rédiger…c’est tout ce qui compte, non?

Que ça m’apporte des contrats, une rémunération, de la visibilité, des fans…tout ça n’est qu’un détail. Je fais ce que j’aime. Pourquoi j’attendrais que ça me paye pour me sentir accomplie? Pour que je sentes que je réalise mes désirs? C’est comme si tant et aussi longtemps que ça ne me permet pas de gagner ma vie, je me sentirais comme si je me réalisais pas. Quand on y pense bien, c’est ridicule.

Je ne sais pas trop vous êtes combien à me suivre, mais je n’ai plus les envies d’avant à vouloir tout arrêter parce que je considère que vous n’êtes pas assez et donc que ça ne vaut pas la peine. À la limite, je le fais pour moi; qu’on me remarque ou non n’est qu’un simple détail. 

J’ai décidé que j’allais être fière de ce que je fais et que surtout, je le ferais par plaisir parce que le reste n’est qu’accessoire. J’écris à mon goût, comme ça me plaît, avec des anglicismes et des mots qui n’existent pas vraiment. Je fais des fautes aussi parfois. Je ne suis pas parfaite, mais je fais ce que j’aime. 

Sur mon Linkedin, vous verrez que je suis blogueuse et rédactrice.

Ce n’est pas parce qu’aucune payroll le confirme que c’est faux.

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Photos: Pinay.com

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ASSUMER SON CÔTÉ PANTOUFLARD: MODE D’EMPLOI

 

S’il y a une chose que j’ai ÉNORMÉMENT de difficulté à avouer c’est mon côté paresseuse/procrastinatrice experte. Dans une société où la performance est de mise, où on devrait constamment s’affairer à quelque chose d’utile et de pertinent, on dirait qu’il est très mal vu d’être quelqu’un qui apprécie particulièrement ne rien faire.

Oui, il m’est arrivé très souvent d’annuler des soupers, des rendez-vous et même de pas rentrer au travail tout simplement parce que je voulais me reposer. Et comme c’est plutôt tabou et non-accepté de dire à quelqu’un « T’sais notre souper prévu depuis des semaines là pour ce soir? Ben finalement, non. Je vais rester chez nous en pydj devant Netflix« , ben on finit par inventer beaucoup trop de maux de tête et on se sent cheap (je m’excuse les filles :/ ).

Notre amour-propre est fragile; personne n’aime se faire dire qu’un divan est préféré à notre présence. C’est normal, mais en même temps, pourquoi on ne pourrait pas juste être honnête et savoir le dire que cette fois, ça nous dit pas? Qu’on veut se reposer et manger des céréales à la maison pour souper plutôt qu’un tartare de saumon dans un resto branché? Plus je vieillis, plus ces moments se font récurrents. J’ai jamais été une fille de bar, de nightlife et ce n’est certainement pas à 34 ans que je vais commencer.

Faque oui, je suis une piètre amie. Je veux pas souvent sortir et donc, ça implique que je vois pas tant de gens,  mais en même temps, je suis une pas pire solide solitaire depuis un an ou deux faque ça m’affecte pas trop, sauf quand je dois justifier à mes amis que je les aime même si je les vois pas et/ou qu’on m’adresse des reproches en ce sens.

J’ai toujours un malaise à dire aux gens qu’avec mes semaines au boulot et mes autres petits contrats je suis brûlée lors de mes congés et que j’ai juste envie de m’écraser. Y’aura toujours quelqu’un quelque part pour me dire « My God! Mais qu’est-ce que tu vas faire quand tu vas avoir des enfants? » Ça ou quand je dis que je ne suis pas allée travailler parce que j’avais besoin de me reposer, y’aura toujours dans le regard des gens un genre de « Wow, toute une adulte  zéro responsable-employée pas fiable, ça han?« 

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Oui, j’assume! Je suis une matante fatiguée qui aime flatter son chat en écoutant la télé le samedi soir. J’ai le goût de rester en pyjama toute la journée et je suis une paresseuse qui aime mieux manger des toasts au beurre de peanuts pour souper au lieu de me pomponner pour sortir manger. J’ai pas le goût de prendre le bus durant mes jours de congés, encore moins de me mettre du fond de teint. Y’a des journées où je me réveille et que je sais que le seul endroit où je serai efficace c’est seule et en silence, entre mes 4 murs.

JE. VEUX. RESTER. CHEZ. NOUS. PIS. M’ÉCRASER. Ok?

Donc, c’est ça le mode d’emploi: l’avouer. C’est tout.

JE M’ASSUME COMME PARESSEUSE, BON et SVP, veuillez dealer avec.

Sur ce, je m’en vais paresser.

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Photos: Bobkova_lena et ilikequotes.com

ACCEPTER NOTRE VULNÉRABILITÉ:UNE PREUVE D’AUTHENTICITÉ

Un sujet délicat aujourd’hui que j’ai envie d’aborder parce qu’il illustre une grande partie de mes réflexions personnelles du moment.

J’ai décidé de décréter qu’être vulnérable, c’est in!

Pour moi, une personne vulnérable est une personne authentique. Soyons honnête, PERSONNE ne peut se vanter de n’être jamais blessé par un propos ou un geste. Nous avons tous nos petites ou grandes blessures qui nous rendent fragiles de temps en temps.

J’ai longtemps essayé de jouer à la personne forte, la personne au-dessus de mes failles. Ma maladie mentale a été justement une claque de réalité qui m’a rappelée que j’étais juste humaine et que c’était correct.

Je ne vis pas aussi facilement que bien des gens avec le stress, la pression, la performance…je me perds dans tout ça et je m’effondre. Plusieurs vont continuer la course, mais j’accepte quand même de m’arrêter sans me sentir inférieure à qui que ce soit. J’ai de grandes forces, mais j’ai des faiblesses également et j’ai décidé de les assumer.

Le soulagement qu’on ressent le jour où on arrête de jouer une game, le jour où non seulement on accepte de prendre un break de la course, mais surtout qu’on accepte de montrer aux autres qu’on ne les suit plus.

Le jour où j’ai accepté d’être vulnérable et de le montrer, c’est le jour où on m’a le plus respectée et où certains ont accepté de me montrer leurs failles également. Je ne me suis jamais autant sentie authentique dans mes relations que depuis que j’accepte de me montrer telle que je suis.

Évidemment, ça fait fuir des gens, mais ceux-ci seraient partis à un moment où un autre éventuellement. Le plus merveilleux est que ça en a attiré d’autres et pas n’importe qui; des gens qui s’assument aussi.

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Et, aussi bizarre que ça puisse paraître, depuis que je m’assume comme étant une personne vulnérable, certaines choses m’atteignent moins. La richesse que nous procure le fait de s’aimer et de s’accepter dans nos failles comme dans nos forces nous permet d’aller à la rencontre de l’authenticité, autant chez les gens que chez les choses. Nos valeurs se transforment et laissent place à plus de vérité dans nos vies.

Certains me lisent et pensent peut-être que d’accepter notre vulnérabilité est une faute grave et qu’elle nous fait sentir comme un être faible ou inférieur. Je dois répondre: aucunement. Je me suis sentie beaucoup plus fausse et malheureuse alors que je tentais de montrer que j’étais au-dessus de tout alors que c’était si faux. La vulnérabilité n’est pas un synonyme de faiblesse, c’est un synonyme d’humilité, de grandeur, d’authenticité et c’est un acte de respect envers soi-même. En aucun temps ça ne fait en sorte de nous faire mettre des bâtons dans nos propres roues.

Je n’essaie pas non plus d’exprimer que seuls les gens qui s’assument comme étant des êtres vulnérables sont grands et évolués. Nos blessures font souvent en sorte qu’il est excessivement difficile de leur faire face et les mécanismes de défense qui entrent en jeu sont pénibles à travailler. C’est avec un grand respect que nous devons traiter ceux qui peinent à combattre leurs obstacles et leurs démons qui les empêchent de voir plus clair et de grandir de leurs blessures. Le plus grand service que nous pouvons leur rendre, c’est de leur montrer notre vulnérabilité. Il n’y a rien de plus rassurant qu’une personne heureuse et assumée dans ses failles.

Alors, s’assumer en tant qu’être vulnérable, c’est in ou c’est out?

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Photos: favim.com et kindderunvernunft.weebly.com

 

POURQUOI PAS LE PLAISIR?

Ça va mieux, beaucoup mieux.

J’ai pris des décisions qui m’ont fait du bien. J’ai décidé que je n’avais pas à me couper du monde entier, mais plutôt de ce qui me fait mal. À force de trop s’isoler, on n’arrive plus à voir le beau dans la vie…déjà qu’il est souvent difficile à voir. En me surprotégeant, je m’empêche d’évoluer et d’avancer. Il y a toujours un juste milieu; une bonne dose de confiance ajoutée à une quantité suffisante de prudence. C’est ce que je dois me rappeler.

J’aurais aimé vieillir et garder mon coeur d’enfant. Une insouciance naïve, un ancrage constant au moment présent et toutes mes actions orientées vers le seul but d’avoir du plaisir. C’est ça le problème, on vieillit, on oublie tout ça. La vie nous amène dans un immense tourbillon de soucis et de responsabilités et ça me fait réfléchir: sommes nous faits pour ça? Avons-nous le pouvoir de traverser la vie adulte et ses difficultés tout en restant heureux? Sommes nous pas plutôt des gens qui auraient dû voir notre légèreté d’enfance se conserver tandis que notre corps prenait de l’expansion?

Je sais pas, on jase là. Mais pourquoi est-ce que le plaisir et le bonheur ne pourraient pas rester le but ultime de toutes nos actions d’adultes? J’en entends certains me dire: « Ben voyons, faut travailler et payer les comptes! C’est pas ça la vie! »

Ok, mais pourquoi? Expliquez-moi?

J’ai décidé que le plaisir allait faire partie de ma vie: au travail, dans mes relations, mes activités, à la maison.

Le jour que ma vie ne me procurera plus de plaisir, je saurai que je devrai changer quelque chose; que ce soit mon travail, mes relations ou mes activités.

Est-ce utopique de voir ça comme ça? Je pense qu’on fait consciemment le choix d’intégrer ou non le plaisir à sa vie. La preuve de mes dires? On a TOUJOURS la possibilité de CHANGER.

On est d’accord là-dessus?

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Crédit photos: http://gusstoys.tumblr.com/