JEAN-MARIE LAPOINTE

Sa devise : « Ne laissez jamais quelqu’un venir à vous et repartir sans qu’il ne soit meilleur et plus heureux »     – Mère Teresa

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Crédits: Sarah Scott

Comme la plupart des gens de ma génération, je connais Jean-Marie Lapointe d’abord comme un comédien, un animateur et un grand sportif. Depuis quelques années, alors que je le redécouvre sous d’autres aspects, il représente une personne de qui je tire une inspiration immense.

Quand on le questionne à savoir ce qui l’a poussé à choisir une carrière sous les projecteurs, Jean-Marie répond par une phrase marquante que lui a dite le comédien Gilles Pelletier:

« Ce n’est pas toi qui choisit le métier, c’est lui qui te choisit ».

S’il n’est plus autant présent à l’écran depuis quelques années, Jean-Marie l’explique humblement:

« Ce n’est pas les conséquences d’une décision personnelle de ne plus être très présent dans les médias. Il y a des choses dans la vie que tu ne contrôle pas et ça en fait partie. Il y a des producteurs qui prennent des décisions et il faut vivre avec ça. Il importe de prendre du recul et de se poser des questions quand il arrive des silences dans ta carrière »

Difficile à dire si les silences dans son métier ont tracé une toute nouvelle avenue pour lui, mais quoiqu’il en soit, le destin l’attendait dans le détour.

C’est au tournant de l’an 2000 qu’il rencontre Isabelle Girard, une jeune femme de 19 ans atteinte d’une maladie incurable. Il ne lui reste que peu de temps à vivre et Jean-Marie entreprend de l’accompagner dans ses derniers moments de vie. Cette rencontre a marqué le début d’une série de plusieurs autres qui allaient être extrêmement déterminantes.

« On dit que la mort ferme les yeux du défunt pour ouvrir ceux des vivants. À force de me retrouver en relation significative avec des jeunes en fin de vie, mes projets se sont teintés de leur essence. Ça m’a amené à me remettre en question : Qu’est-ce que tu fais de ta vie pendant que tu l’as? La vie sert-elle à posséder des choses? À avoir une belle grande carrière? La célébrité est une quête vide si c’est motivé par l’argent et le seul désir d’être connu. Ça comble ton égo et tu te retrouves à en vouloir toujours plus. Ce que je veux, c’est tout simplement mener une vie qui a du sens ».

Ce que j’admire chez Jean-Marie, c’est son naturel désarmant. Il arrive à accompagner des gens en fin de vie avec une aisance pure, une authenticité sans pareil. Il y a pourtant un malaise profond, un sentiment d’être démuni lorsque l’on doit faire face à la souffrance des autres.

« C’est normal de se sentir comme ça. C’est une situation d’impuissance. On n’aime pas voir les gens souffrir. Il faut les accompagner en acceptant d’être vulnérable, d’être impuissant, de ne pas tout le temps savoir quoi dire… Il ne faut pas oublier qu’on n’accompagne pas la mort, on accompagne la vie. »

Jean-Marie est affirmatif : accompagner des jeunes en fin de vie lui a apporté plus de vérité et une existence plus proche de ses valeurs.  Ça lui apporte une intensité; celle d’être plus conscient de qui il est et d’où il désire aller.

« On joue à l’autruche avec notre vie parce qu’on ne sait pas quand elle s’arrêtera. On doit vivre une vie en cohérence avec nos valeurs. Il n’y a personne sur son lit de mort qui regrette de ne pas avoir assez travaillé ou d’avoir manqué de possessions. Ce que les gens regrettent, c’est de ne pas avoir assez aimé, de ne pas avoir été assez bons ».

Crédit: Sarah Scott
Crédits: Sarah Scott

S’il est impliqué dans beaucoup de causes, Jean-Marie affirme qu’elles sont venues à lui. Le don de soi, c’est de famille. Il avoue avoir été inspiré par sa tante religieuse et également par son père, le grand Jean Lapointe qui a beaucoup donné notamment pour la cause de la dépendance aux substances.

Dans les choses qui aident à donner un sens à notre vie, Jean-Marie parle du bénévolat.

« Peu importe dans quel milieu et avec quelle clientèle tu décides de t’impliquer, le bénévolat est le meilleur moyen de te décentrer de ton nombril. Tu entres chez toi ensuite, tu réalises que tu as fait du bien et tu es ému. Ça t’apporte du bien aussi. L’humain est fait pour tendre la main, il a en lui cette capacité d’action là ».

Mais la question-piège: N’y a-t-il pas une part d’égoïsme dans le fait de faire du bien parce que ça nous en procure aussi?

« On est assis ici toi et moi. Dans quelques secondes, on entend un bruit de collision de voiture dans la rue et on entend une femme crier. Notre premier réflexe sera d’aller voir, de tenter de lui venir en aide. T’es d’accord? C’est instinctif. Y’a pas eu l’espace d’une seconde dans ta tête où tu vas t’être dit : « Je vais aller l’aider, ça va me faire du bien et m’apporter beaucoup». Tu le fais et c’est tout. Je vois le bénévolat de la même façon ».

Tout ce vécu, toutes ses expériences, Jean-Marie aimerait un jour les transmettre à son tour à sa famille, à celle qu’il souhaite avoir.

« On parlait des choses sur lesquelles on n’a pas le contrôle, je ne l’ai pas non plus sur l’amour que je peux recevoir, mais sur celui que je peux donner. Je fais confiance à la vie. Un jour, j’aurai peut-être une blonde, une femme, avec qui je pourrai fonder une famille. Peut-être aussi qu’elle aura des enfants de son côté. Le but au fond est de le partager avec le plus de gens possible…on est riche de ce qu’on partage ».

Justement, Jean-Marie partage avec nous une quinzaine de récits sur les rencontres marquantes de sa vie dans le livre « Je ne t’oublierai pas » paru au début de l’année aux Éditions Libre Expression. C’est le deuxième ouvrage de celui qui a lancé, il y a presque dix ans, le récit autobiographique « Mon voyage de pêche » dans lequel il aborde sa relation avec son père.

Le livre de Jean-Marie paru aux Éditions Libre expressions au début de l'année.

Un souhait de Jean-Marie serait de revenir à la télé dans une série d’émissions abordant les thèmes de la vie, de la compassion et de l’altruisme. Rencontrer des gens qui ne l’ont pas facile, qui vivent des défis de vie importants, accompagner ces gens et leur laisser la parole.

« C’est un défi parce que ça ne peut pas parler à tout le monde. On est riche de nos rencontres avec les moins chanceux. La souffrance et la « bad luck », ça rend plus conscient, ça amène la sagesse. De partager ces expériences, ça ouvre les yeux, ça dérange  et ça change le rapport à la vie. Il y a des producteurs qui sont ouverts à ça. Oui, je veux encore faire de la télé, mais autrement ».

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Crédits photos : Sarah Scott

Causes, implications et projets de Jean-Marie :

Fonds Espoir de Joanna Comtois
http://fondsespoir.org/

Leucan
http://www.leucan.qc.ca/fr/

Défi sportif AlterGo
http://www.defisportif.com/fr/index.php

Le Grand Chemin
http://www.legrandchemin.qc.ca/_home

L’Éclaircie
http://www.maisoneclaircie.qc.ca/

Fondation Matthieu Ricard
http://canada.karuna-shechen.org/fr/

Compagnons de Montréal
http://www.compagnonsdemtl.com/

Pour visionner la bande annonce du film documentaire  Le défi Pérou auquel Jean-Marie a participé en tant qu’accompagnateur d’un groupe de jeunes ayant la Trisomie 21 menant une expédition vers l’ascension du Machu Picchu : https://www.youtube.com/watch?v=n0n2gLfavJk

Jean-Marie Lapointe est également conférencier. Pour toutes demandes de conférences, veuillez contacter son agent Stéphan Deschenaux au 514-769-6324.

 

 

 

 

 

 

 

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