RENAUD

Sa devise : « La vie est un jeu, si tu la vis en t’amusant, c’est ben plus l’fun »

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Quand il nous parle de tous les projets qu’il a en branle, Renaud nous donne un peu le tournis. Difficile à croire qu’une personne ait autant d’énergie et puisse arriver à s’engager dans autant de sphères. La philosophie de la vie qui l’anime a probablement quelque chose à voir avec ça.

« Tu dois être conscient dans tout ce que tu fais et suivre le chemin que tu établis pour toi, le chemin qui t’allumes. Fais ce que toi tu aimes faire. Vivre des expériences est tout à fait le but de tous mes projets ».

Depuis quelques années, Renaud est copropriétaire de la compagnie Morifone; il construit des guitares splendides qu’il revend ou garde pour sa collection personnelle. Il a en branle un projet d’écriture d’un E-book (livre électronique), il possède deux entreprises dans le domaine de la cigarette électronique et il écrit de la musique pour des publicités et compagnies de productions. En plus, il travaille comme chargé de projet marketing dans une entreprise de guitares et il est à produire un album avec son groupe musical Soda.

Essoufflé le Renaud?

«  Toutes les limites qu’on a dans la vie, on se les mets nous-mêmes. Dans tous mes projets, je ne suis pas un rêveur avec des objectifs démesurés; il n’y a aucune manière d’être heureux si tu cours après le bonheur. Quand on décide de ne plus se donner d’objectif, le succès est instantané. Il ne faut pas s’embarquer dans des projets pour qu’ils soient absolument victorieux, mais uniquement pour le plaisir ».

Il y a un an, Renaud dit que sa vie personnelle s’est écroulée devant ses yeux. Sa résilience l’a amené à se développer une nouvelle philosophie de vie.

« Pour moi, le seul moyen d’être bien est de ne rien vouloir, de sentir que j’ai déjà tout ce dont j’ai besoin. J’ai appris à être reconnaissant, à faire preuve de gratitude ce qui, selon moi, est la clé ultime du bonheur. Je médite à tous les jours et ça m’apporte énormément. Il faut être conscient de l’aspect éphémère de tout ce qui existe afin de profiter pleinement de ce que la vie nous donne».

Renaud vient d’un milieu aisé. Il est né d’un père juge à la Cour Supérieure et d’une mère avocate et il a fréquenté les meilleures écoles de Montréal. On s’attend parfois des gens issus d’un tel milieu qu’ils suivent les traces de leurs parents  ce qui n’est pas le cas de Renaud. S’il ne mise aucunement sur l’argent et le statut social pour être heureux, le plaisir et le bonheur restent ses seules priorités.

« Les parents n’approuvent pas toujours nos choix, mais on doit prendre les décisions pour nous-mêmes. En quelque sorte, c’est peut-être une certaine rébellion contre le conditionnement social que je mène. Mes parents, je les adore, mais ce qu’ils pensent de mes projets et occupations m’importe peu. Dès que tu portes de la valeur à ce que disent ou pensent les autres de toi ou de tes décisions, c’est toi le problème. Je crois qu’on ne devrait pas porter de valeur à ça. La vie n’est que des choix; uniquement les tiens et selon moi, la vie n’a qu’un seul but : celui que tu lui donnes ».

Quand on lui reflète qu’il pourrait écrire des livres de psycho-pop, Renaud pouffe de rire.

« La vie ne s’apprend pas par transmission. Tu dois vivre la vie toi-même pour apprendre les leçons. Tu dois être dans l’action ».

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Il y a quelques années,  Renaud rêvait grand, très grand. Qu’est-il advenu du grand rêveur qu’il était?

« Le succès vient toujours avec une certaine perte de liberté. Avant, j’étais un passionné obsessif; je voulais trop et j’aimais en m’accrochant. J’ai compris qu’on est les seuls responsables de notre souffrance et que pour moi, rêver grand ça me faisait voir la vie immense et me ramenait à ma petitesse. Alors l’ego embarque et on manque de confiance. Notre égo, c’est une construction mentale qui n’est pas nous. Y’a pas moyen d’être heureux si c’est lui qui prend le dessus ».

Il peut sembler curieux qu’un gars aussi engagé dans ses projets puisse ne pas être aussi animé par l’idée du succès. Ah! Mais c’est vrai. Son but n’est pas la victoire, mais le bonheur. Comme l’a dit si bien Roy Goodman : Happiness is a way of travel, not a destination (le bonheur est une façon de voyager, pas une destination).

Mais Renaud, et si on mène notre vie à tous les jours sans trop se poser de questions, sans trop réfléchir? Si on croit qu’on est bien dans la vie qu’on mène, mais qu’au fond, on étouffe des aspirations en nous, consciemment ou non? Comment savoir si nous faisons réellement ce qu’il faut pour être heureux vraiment?

 « Continuez de faire votre vie à votre manière si vous faites ce que vous croyez être bien et bon pour vous. Si vous vous trompez, la vie va vous rattraper et s’occuper de vous le faire savoir».

 

Crédits photos: Annie Murphy

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Entreprises

 Confection de guitares 

Entreprises de E-cigarettes

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JEAN-MARIE LAPOINTE

Sa devise : « Ne laissez jamais quelqu’un venir à vous et repartir sans qu’il ne soit meilleur et plus heureux »     – Mère Teresa

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Crédits: Sarah Scott

Comme la plupart des gens de ma génération, je connais Jean-Marie Lapointe d’abord comme un comédien, un animateur et un grand sportif. Depuis quelques années, alors que je le redécouvre sous d’autres aspects, il représente une personne de qui je tire une inspiration immense.

Quand on le questionne à savoir ce qui l’a poussé à choisir une carrière sous les projecteurs, Jean-Marie répond par une phrase marquante que lui a dite le comédien Gilles Pelletier:

« Ce n’est pas toi qui choisit le métier, c’est lui qui te choisit ».

S’il n’est plus autant présent à l’écran depuis quelques années, Jean-Marie l’explique humblement:

« Ce n’est pas les conséquences d’une décision personnelle de ne plus être très présent dans les médias. Il y a des choses dans la vie que tu ne contrôle pas et ça en fait partie. Il y a des producteurs qui prennent des décisions et il faut vivre avec ça. Il importe de prendre du recul et de se poser des questions quand il arrive des silences dans ta carrière »

Difficile à dire si les silences dans son métier ont tracé une toute nouvelle avenue pour lui, mais quoiqu’il en soit, le destin l’attendait dans le détour.

C’est au tournant de l’an 2000 qu’il rencontre Isabelle Girard, une jeune femme de 19 ans atteinte d’une maladie incurable. Il ne lui reste que peu de temps à vivre et Jean-Marie entreprend de l’accompagner dans ses derniers moments de vie. Cette rencontre a marqué le début d’une série de plusieurs autres qui allaient être extrêmement déterminantes.

« On dit que la mort ferme les yeux du défunt pour ouvrir ceux des vivants. À force de me retrouver en relation significative avec des jeunes en fin de vie, mes projets se sont teintés de leur essence. Ça m’a amené à me remettre en question : Qu’est-ce que tu fais de ta vie pendant que tu l’as? La vie sert-elle à posséder des choses? À avoir une belle grande carrière? La célébrité est une quête vide si c’est motivé par l’argent et le seul désir d’être connu. Ça comble ton égo et tu te retrouves à en vouloir toujours plus. Ce que je veux, c’est tout simplement mener une vie qui a du sens ».

Ce que j’admire chez Jean-Marie, c’est son naturel désarmant. Il arrive à accompagner des gens en fin de vie avec une aisance pure, une authenticité sans pareil. Il y a pourtant un malaise profond, un sentiment d’être démuni lorsque l’on doit faire face à la souffrance des autres.

« C’est normal de se sentir comme ça. C’est une situation d’impuissance. On n’aime pas voir les gens souffrir. Il faut les accompagner en acceptant d’être vulnérable, d’être impuissant, de ne pas tout le temps savoir quoi dire… Il ne faut pas oublier qu’on n’accompagne pas la mort, on accompagne la vie. »

Jean-Marie est affirmatif : accompagner des jeunes en fin de vie lui a apporté plus de vérité et une existence plus proche de ses valeurs.  Ça lui apporte une intensité; celle d’être plus conscient de qui il est et d’où il désire aller.

« On joue à l’autruche avec notre vie parce qu’on ne sait pas quand elle s’arrêtera. On doit vivre une vie en cohérence avec nos valeurs. Il n’y a personne sur son lit de mort qui regrette de ne pas avoir assez travaillé ou d’avoir manqué de possessions. Ce que les gens regrettent, c’est de ne pas avoir assez aimé, de ne pas avoir été assez bons ».

Crédit: Sarah Scott
Crédits: Sarah Scott

S’il est impliqué dans beaucoup de causes, Jean-Marie affirme qu’elles sont venues à lui. Le don de soi, c’est de famille. Il avoue avoir été inspiré par sa tante religieuse et également par son père, le grand Jean Lapointe qui a beaucoup donné notamment pour la cause de la dépendance aux substances.

Dans les choses qui aident à donner un sens à notre vie, Jean-Marie parle du bénévolat.

« Peu importe dans quel milieu et avec quelle clientèle tu décides de t’impliquer, le bénévolat est le meilleur moyen de te décentrer de ton nombril. Tu entres chez toi ensuite, tu réalises que tu as fait du bien et tu es ému. Ça t’apporte du bien aussi. L’humain est fait pour tendre la main, il a en lui cette capacité d’action là ».

Mais la question-piège: N’y a-t-il pas une part d’égoïsme dans le fait de faire du bien parce que ça nous en procure aussi?

« On est assis ici toi et moi. Dans quelques secondes, on entend un bruit de collision de voiture dans la rue et on entend une femme crier. Notre premier réflexe sera d’aller voir, de tenter de lui venir en aide. T’es d’accord? C’est instinctif. Y’a pas eu l’espace d’une seconde dans ta tête où tu vas t’être dit : « Je vais aller l’aider, ça va me faire du bien et m’apporter beaucoup». Tu le fais et c’est tout. Je vois le bénévolat de la même façon ».

Tout ce vécu, toutes ses expériences, Jean-Marie aimerait un jour les transmettre à son tour à sa famille, à celle qu’il souhaite avoir.

« On parlait des choses sur lesquelles on n’a pas le contrôle, je ne l’ai pas non plus sur l’amour que je peux recevoir, mais sur celui que je peux donner. Je fais confiance à la vie. Un jour, j’aurai peut-être une blonde, une femme, avec qui je pourrai fonder une famille. Peut-être aussi qu’elle aura des enfants de son côté. Le but au fond est de le partager avec le plus de gens possible…on est riche de ce qu’on partage ».

Justement, Jean-Marie partage avec nous une quinzaine de récits sur les rencontres marquantes de sa vie dans le livre « Je ne t’oublierai pas » paru au début de l’année aux Éditions Libre Expression. C’est le deuxième ouvrage de celui qui a lancé, il y a presque dix ans, le récit autobiographique « Mon voyage de pêche » dans lequel il aborde sa relation avec son père.

Le livre de Jean-Marie paru aux Éditions Libre expressions au début de l'année.

Un souhait de Jean-Marie serait de revenir à la télé dans une série d’émissions abordant les thèmes de la vie, de la compassion et de l’altruisme. Rencontrer des gens qui ne l’ont pas facile, qui vivent des défis de vie importants, accompagner ces gens et leur laisser la parole.

« C’est un défi parce que ça ne peut pas parler à tout le monde. On est riche de nos rencontres avec les moins chanceux. La souffrance et la « bad luck », ça rend plus conscient, ça amène la sagesse. De partager ces expériences, ça ouvre les yeux, ça dérange  et ça change le rapport à la vie. Il y a des producteurs qui sont ouverts à ça. Oui, je veux encore faire de la télé, mais autrement ».

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Crédits photos : Sarah Scott

Causes, implications et projets de Jean-Marie :

Fonds Espoir de Joanna Comtois
http://fondsespoir.org/

Leucan
http://www.leucan.qc.ca/fr/

Défi sportif AlterGo
http://www.defisportif.com/fr/index.php

Le Grand Chemin
http://www.legrandchemin.qc.ca/_home

L’Éclaircie
http://www.maisoneclaircie.qc.ca/

Fondation Matthieu Ricard
http://canada.karuna-shechen.org/fr/

Compagnons de Montréal
http://www.compagnonsdemtl.com/

Pour visionner la bande annonce du film documentaire  Le défi Pérou auquel Jean-Marie a participé en tant qu’accompagnateur d’un groupe de jeunes ayant la Trisomie 21 menant une expédition vers l’ascension du Machu Picchu : https://www.youtube.com/watch?v=n0n2gLfavJk

Jean-Marie Lapointe est également conférencier. Pour toutes demandes de conférences, veuillez contacter son agent Stéphan Deschenaux au 514-769-6324.

 

 

 

 

 

 

 

VÉRONIQUE

Sa devise : « Tout est possible jusqu’à preuve du contraire »

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Il y a presque 40 ans, les pronostics n’étaient pas bons pour un bébé qui naissait prématurément à 28 semaines. Tandis que Véronique passait les trois premiers mois de sa vie dans un incubateur, sa mère se remettait de l’accouchement très difficile durant lequel elle a elle-même failli y laisser sa peau. En plus de devoir s’occuper de sa propre santé, sa mère a appris que sa fille n’allait probablement jamais parler ni marcher et vivre dans un état végétatif. Véronique était atteinte de paralysie cérébrale.

La maman de Véronique, également mère de deux ados, a vécu le pire des cauchemars.

 « Mes parents ont été forts, ils ont décidé que personne ne m’imposerait de limites. Ils ont su m’offrir beaucoup de stimulations dès mon plus jeune âge. À un certain moment, ils se sont aperçu que j’avais tout d’un bébé normal outre que je ne marchais pas ».

S’en est suivi plusieurs opérations à l’hôpital Ste-Justine, plusieurs traitements de physiothérapie, d’ergothérapie et aussi d’orthophonie.  À six ans, la petite Véronique commençait à marcher.

« J’ai des souvenirs heureux de mon enfance. On ne m’a jamais fait sentir différente des autres. Au primaire, j’allais dans une école spécialisée et les autres enfants vivaient avec des défis importants tout comme moi. Dans ma tête, c’était ça être enfant, je ne connaissais rien d’autre. C’est lorsqu’on est confronté au monde extérieur qu’on comprend finalement qu’on  n’est pas comme les autres ».

Si l’enfance de Véronique a été douce jusqu’à la fin du primaire, son arrivée dans une polyvalente ne marque pas le début d’une période facile. Elle doit reprendre un rythme académique normal  comme tous les autres jeunes ne vivant pas de défis particuliers. C’est également une période où d’importantes douleurs physiques liées à la marche apparaissent.

«Je ne me suis jamais sentie victime, on ne m’a pas intimidée. Pour ma part, je me sentais porteuse d’une mission : celle de sensibiliser les autres ».

Vivant d’importantes difficultés scolaires, La jeune Véronique de 16 ans décide de laisser l’école en troisième secondaire.

« C’est la meilleure chose qui me soit arrivée. J’ai pu m’impliquer dans d’autres activités, faire du bénévolat et je me suis promis que j’allais revenir à l’école le jour où j’allais avoir un plan, savoir ce que j’allais vouloir faire. J’ai eu besoin de me chercher et éventuellement, je me suis trouvée. Je savais que je voulais aider les gens ».

À 19 ans, Véronique retourne sur les bancs d’école afin de terminer son cours secondaire. Durant plusieurs années, elle travaille d’arrache-pied pour obtenir son diplôme tout en traversant des hauts et des bas sur le plan de la santé.

C’est une Véronique victorieuse et motivée comme jamais qui est admise, à 28 ans, au CEGEP en techniques d’éducation spécialisée.

« J’ai tellement bûché pour être là. Je suis arrivée dans cette technique tellement déterminée, j’ai pété des scores comme jamais dans ma vie ».

Armée de son diplôme d’études collégiales, un nouveau défi attend Véronique à la fin de sa formation : elle doit convaincre un employeur que malgré ses limites, elle peut être une aussi bonne candidate qu’un autre.

« Je ne me suis jamais mis de bâton dans les roues. J’ai réussi à me battre contre la fatigue, réussi à tout planifier et organiser pour pouvoir me rendre au Cégep, à mes cours, remettre mes travaux à temps, être une bonne stagiaire… j’ai toujours cru que je pouvais être ce que je voulais. Les autres me mettaient des barrières, mais pas moi. Je devais lutter contre ça. J’apportais avec moi dans ma nouvelle carrière tout mon bagage personnel. C’était considérable ».

Son premier emploi, Véronique le trouve chez Viomax, un organisme à but non-lucratif partenaire du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau. Le centre  offre une programmation d’activités physiques pour les personnes atteintes d’une limitation fonctionnelle. Cet emploi, Véronique le décroche à contrat pour un été. Sept ans plus tard, elle est maintenant la directrice générale de Viomax.

En plus de réussir sa vie professionnelle haut la main, Véronique est en couple depuis 15 ans avec l’homme de sa vie.

« C’est lui qui m’a abordé, ça a été un coup de foudre. Il ne voit pas de différence chez moi, il m’aime comme je suis. C’est un gars très calme, zen, il ne voit jamais le côté négatif. Il n’a jamais eu peur de fonder une famille avec moi ».

Parlons-en de la famille. Lorsque nos déplacements doivent se prévoir des heures voire des jours à l’avance et que nous devons nous mouvoir avec des aides à la marche, il peut sembler quasi-utopique de pouvoir avoir un enfant.

« J’ai toujours voulu avoir des enfants, mais je ne savais pas si ça allait être possible. J’ai toujours eu des rêves dans la vie, celui d’avoir une carrière en était un, mais celui d’avoir un enfant était le summum. Si je réussissais à atteindre ça, j’allais avoir eu le top de ce que j’avais toujours rêvé. Rien n’allait pouvoir être plus grand, plus beau pour moi ».

À l’été 2010, son rêve devient réalité : elle apprend qu’elle est enceinte.

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« Ça a été la plus belle période de ma vie. Je sentais que je vivais quelque chose de grand, j’étais privilégiée. Pour la première fois de ma vie, durant ma grossesse, je n’avais aucune douleur et j’ai pu marcher tout le long, jusqu’à la fin, avec mes béquilles, sans fauteuil roulant. Je me suis permis de vivre ça totalement, mon rêve ultime se réalisait. ».

À l’hiver 2011, son fils venait au monde; un enfant en parfaite santé. Heureuse comme jamais, Véronique se voit toutefois confrontée à plusieurs limites.

« À l’hôpital, mon bébé pleurait dans son petit lit. Comme je ne peux pas le prendre et marcher sans aide, j’ai dû appeler l’infirmière afin qu’elle vienne le prendre et me le porter. Elle m’a fait attendre 20 minutes. C’était cruel de voir mon enfant pleurer durant tout ce temps-là. C’est là que j’ai compris que plusieurs nouveaux défis m’attendaient ».

Le retour à la maison n’est pas évident pour Véronique, elle doit s’adapter à ses limites et sa nouvelle réalité de maman.

Véronique et son fils, le beau William
Véronique et son fils, le beau William

« Je ne suis pas d’accord avec ceux qui me dise que je suis courageuse. Je ne me vois pas comme ça. Je n’ai pas choisi mon épreuve, je dois faire avec, mais j’ai le droit de vivre une vie qui me plait aussi. J’ai le choix de comment je le vis et je le perçois ».

Le retour au travail est plutôt difficile; près de l’épuisement, Véronique doit aussi faire un deuil particulier : celui d’avoir atteint son rêve ultime.

« Aussi bizarre que ça puisse paraître, il y a quelque chose de troublant dans le fait de réaliser son plus grand rêve, il y a l’après. Quand tu atteins le plus haut sommet que tu t’étais fixé, tu arrives à un point où tu te dis : Bon ok…je fais quoi là maintenant? L’humain est animé par ses rêves. Quand il n’y en a plus, on ressent un vide ».

À chaque année, Véronique est approchée par le Cégep du Vieux-Montréal, où elle a fait ses études, afin de donner des conférences aux futurs éducateurs spécialisés. Le partage de son vécu est incroyablement inspirant.

« J’adore ces conférences parce que je sens que ça touche les gens. On me pose beaucoup de questions et tant mieux si j’inspire ces futurs collègues. Je suis toujours animée par le défi d’apprendre quelque chose aux gens, d’ouvrir leur yeux et de les sensibiliser à la cause de ceux qui vivent avec un handicap ».

Véronique dit s’être toujours sentie porteuse de la mission de sensibiliser les gens?

Mission accomplie!

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Photos : Remerciements à Kim Côté, photographe, pour son aimable permission d’utiliser ses photographies.

Centre Viomax : www.viomax.org

2275, rue Laurier E.

Mission : Rendre l’activité physique accessible aux gens vivant avec une limitation fonctionnelle.